Note de la draft – NFC Nord : il faut de tout pour faire un Mond(e)

Minnesota, Detroit et Chicago ont assuré. Tout le contraire de Green Bay.

L’heure du conseil de classe a sonné ! Après la Draft, voici l’évaluation de chaque équipe, division par division. Les évaluations, dans l’ordre de qualité : félicitations, compliments, encouragements, passable, redoublement. Conseils de classe déjà publiés : AFC SudNFC SudAFC OuestNFC Ouest – AFC Nord .

Les Packers continuent d’interroger. Les positions ciblées sont les bonnes, mais pas l’ordre ou les joueurs choisis vu la tournure des éléments et les noms restants à chaque fois. Tout l’inverse de leurs concurrents dans la division. À Chicago, Matt Nagy et Ryan Pace jouent leurs têtes cette saison et ont mis les moyens pour faire bonnes figures. Detroit est revenu aux bases pour entamer sa (nouvelle) reconstruction en blindant les deux lignes avec des renforts de poids. Rick Spielman et Minnesota peuvent avoir le sourire. Le manager général est l’un des grands vainqueurs de ces 3 jours avec ses choix judicieux et talents de négociateurs hors pair.

Detroit Lions : félicitations

Choix : Penei Sewell (OT, n° 7), Levi Onwuzurike (DT, n° 41), Alim McNeil (DT, n° 72), Ifeatu Melifonwu (CB, n° 101), Amon-Ra St. Brown (WR, n° 112), Derrick Barnes (LB, n° 113), Jermar Jefferson (RB, n° 257)

Les trous étaient nombreux et la reconstruction va prendre du temps, mais le nouvel entraineur en chef de Detroit voulait des hommes, des vrais. Il va être servi. Les Lions ont mis en place la draft la plus construite à travers les tranchées que l’on puisse imaginer. Un bon début pour le nouveau régime de Détroit, mais Dan Campbell et Brad Holmes ont encore beaucoup de chemin à parcourir pour imprimer leur marque sur l’effectif

Tombé en 7e position, Penei Sewell est une aubaine pour la franchise du Michigan. Excellent sur protection de passe et bloqueur sur le jeu au sol, le tackle est un monstre athlétique qui dévore les pass rushers et se déplace comme personne de son gabarit ne devrait le faire. Les 3 choix du 2e jour ont tous été adressés en défense, dont les deux premiers pour l’intérieur de la ligne avec deux profils massifs, mais complémentaires. Levi Onwuzurike a un potentiel pass rusher et Alim McNeill est fort contre la course en tant que nose tackle, mais avec une mobilité rare pour un garçon de 145 kilos. Cela lui permet d’apporter plus sur le pass rush qu’un nose tackle classique. Toujours dans la catégorie « belle bête », Ifeatu Melifonwu ne fait pas tâche dans la sélection (1m88, 93 kilos). Des attributs physiques irréels, même s’il n’en profite pas toujours. Un corner de son gabarit devrait malmener les receveurs, or cela ne se voit pas souvent sur ses vidéos. Il n’a pas un sens instinctif de la position, mais il a un excellent élan et casse les actions avec sa grande envergure.

Jusqu’ici ignoré (à tort) malgré la faiblesse de l’escouade, le poste de receveur a été considéré en début de 3e jour. Enfin se diront certains après avoir laissé passer de nombreuses cibles potentielles aux tours précédents. Receveur polyvalent, il possède un bon contrôle du corps et offre de la valeur après réception. Il peut exécuter un arbre de parcours complet et a été constamment productif à USC, même s’il manque un peu d’explosivité. Excellent en zone rouge, il a une chance de se faire rapidement une place.

Encore plus de défense avec le choix de Derrick Barnes. Un linebacker plus petit et trapu avec une bonne rapidité dans les zones courtes. Des bras incroyablement longs. Et il est très fort pour aller chasser le quarterback sur l’extérieur. Une perspective unique et amusante. Jermar Jefferson bataillera pour le poste de 3e coureur. Pas le plus rapide, il n’est pas du genre à faire d’erreurs et gagne des yards en lisant les blocs de manière exceptionnelle.

Chicago Bears : félicitations

Choix : Justin Fields (QB, n° 11), Teven Jenkins (OT, n° 39), Larry Borom (OT, n° 151), Khalil Herbert (RB, n° 217), Dazz Newsome (WR, n° 221), Thomas Graham Jr. (CB, n° 228), Khyiris Tonga (DT, n° 250)

 Nagy et Pace étaient sous pression et ils avaient besoin de faire de gros coups afin de combler les besoins. Mission accomplie. Les Bears ont privilégié la qualité à la quantité, en effectuant deux échanges au cours des deux premiers jours pour mettre la main sur deux joueurs à impact immédiat, Justin Fields et Teven Jenkins. Sur le papier, le travail a été très bien fait. Maintenant, le plus dur commence pour l’entraineur, qui doit faire les playoffs pour garder son poste.

Fields a le potentiel pour changer toute la trajectoire de la franchise, car ses capacités de passeur double menace font qu’il vaut bien le prix que Chicago a payé pour monter en 11e position (1er et 5e tour 2021, 1er et 4e tour en 2022). Et bien que les Bears aient déclaré qu’Andy Dalton reste leur titulaire pour la saison, l’ancien d’Ohio State ambitionne à obtenir les clés de l’attaque plus tôt que prévu.

Un quarterback, c’est bien, le protéger, c’est mieux. Message reçu 5/5 par les instances dirigeantes. Un 2e échange en deux jours pour récupérer Jenkins, un tackle droit physique, fougueux et redoutable sur le jeu au sol qui apporte un talent de premier ordre à une ligne offensive dans le besoin. Une escouade qui s’est de nouveau renforcée au 5e tour avec Larry Borom, un solide garçon qui se déplace bien, mais doit améliorer sa technique de main pour devenir titulaire.

Les derniers choix viendront apporter de la rotation. Avec Khalil Herbert, Chicago récupère un coureur puissant, capable de casser les plaquages, malgré un léger déficit de vitesse. Une bonne pioche à ce stade de la sélection. Très dynamique et rapide, Dazz Newsome peut gagner du temps de jeu dans le slot et/ou retourneur sur équipes spéciales. Même s’il s’est retiré de l’exercice 2020, étonnant de voir Thomas Graham Jr. tomber si bas après 3 saisons titulaires à Oregon. Pas le plus grand, ni le plus athlétique, mais toujours autour du ballon avec de très bons instincts en couverture de zone. Enfin, Khyiris Tonga vient apporter son gabarit pour aider contre le jeu au sol.

Minnesota Vikings : félicitations

Choix : Christian Darrisaw (OT, n° 23), Kellen Mond (QB, n° 66), Chazz Surratt (LB, n° 78), Wyatt Davis (G, n° 86), Patrick Jones II (EDGE, n° 90), Kene Nwangwu (RB, n° 119), Camryn Bynum (CB, n° 125), Janarius Robinson (EDGE, n° 134), Ihmir Smith-Marsette (WR, n° 157), Zach Davidson (TE, n° 168), Jaylen Twyman (DT, n° 199)

Minnesota a tapé fort d’entrée. Passer de la 14e à la 23e place, récupérer des choix supplémentaires au 3e tour, pour au final récupérer l’un des joueurs voulus initialement, Christian Darrisaw. Le rêve de tout manager général et Rick Spielman a une nouvelle fois fait parler son talent, démontrant qu’il ne subit pas la pression du chronomètre qui défile. Darrisaw dégage de la puissance et joue avec le physique dont rêvent les recruteurs et les entraîneurs NFL. Il sort d’une saison exceptionnelle où sa côte est montée en flèche, le propulsant ainsi parmi les meilleurs spécialistes de la cuvée. Une aubaine que n’a pas laissé passer Minnesota, qui récupère donc son tackle gauche du futur.

Armés de quatre choix de deuxième jour – mais pas de deuxième tour en raison de l’échange pour Yannick Ngakoue – les Vikings ont fait quelques choix intrigants. Le quarterback Kellen Mond ne remplacera pas Kirk Cousins dans l’immédiat, mais peut déjà être une solution de secours viable. Il vaut la peine de tenter un pari au troisième tour, surtout si Minnesota a des choix supplémentaires. Eric Wilson est parti à Philadelphie lors de la free agency, et Anthony Barr a restructuré son contrat pour devenir agent libre après la saison 2021. Cela a ouvert la porte pour cibler un linebacker. Quarterback reconverti, Chazz Surratt possède des caractéristiques physiques lui permettant de jouer comme un linebacker intérieur ou extérieur qui a déjà montré de solides instincts. Wyatt Davis est un garde robuste dans le jeu au sol et comble un manque dans l’effectif. Quand il met la main sur les défenseurs, ils s’arrêtent net. Un très bon choix, potentiellement titulaire en semaine 1 s’il parvient à corriger quelques petites erreurs. Patrick Jones II peut être un pass rusher situationnel. C’est un grand gabarit, mais il n’a peut-être pas la souplesse et la vitesse nécessaires pour contourner les tackles au niveau NFL. Les Vikings misent sur un énorme potentiel qui pourrait ne jamais se concrétiser, mais la défense de Mike Zimmer a déjà produit ce type de joueurs qui n’ont pas été choisis au premier tour.

Des joueurs comme Kene Nwangwu (RB), Ihmir Smith-Marsette (WR) et Zach Davidson (TE) pourraient surprendre dans cette attaque grâce à leurs caractéristiques athlétiques haut de gamme. Le receveur pourrait finir par être l’une des belles surprises en zone profonde de cette classe. L’attaque d’Iowa ne lui a pas fait de cadeau, mais il a la vitesse nécessaire pour créer de la séparation et se démarquer dans l’arrière-garde adverse. L’attaque de Minnesota, qui a sa part de lancers en profondeur, est un bon point d’atterrissage où Smith-Marsette peut se battre pour un rôle de n°3 derrière Adam Thielen et Justin Jefferson.

Une draft d’une équipe de Mike Zimmer n’en serait pas une sans cornerback. Camryn Bynum débarque avec son expérience (42 titularisations à Cal), des bases solides et performe en couverture de zone. Les violets ont des besoins sur l’intérieur de la ligne défensive, Jaylen Twyman est un très bon coup en fin de sélection. Avec des mains actives, il a toute la panoplie de mouvements nécessaires pour gagner dans les tranchées, mais devra améliorer sa vitesse. Enfin, Janarius Robinson représente exactement le type de joueur que la franchise aime recruter et qu’ils espèrent développer. Grand, athlétique, il a montré une certaine souplesse, mais n’a jamais réussi à mettre en place les mouvements de pass-rush à Florida State.

Green Bay Packers : passable

Choix : Eric Stokes (CB, n° 29), Josh Myers (C, n° 62), Amari Rodgers (WR, n° 85), Royce Newman (OG, n° 142), Tedarrell Slaton (DT, n° 173), Shemar Jean-Charles (CB, n° 178), Cole Van Lanen (OT, n° 214), Isaiah McDuffie (LB, n° 220), Kylin Hill (RB, n° 256)

Une nouvelle affaire « Aaron Rodgers vs Brian Gutekunst » est venue obscurcir le ciel des Packers quelques heures seulement avant le début ce repêchage 2021. Alors que les deux parties ont leurs torts dans cette histoire, pas sûr que cette cuvée vienne calmer les esprits. Contrairement à l’an dernier, les besoins ont été identifiés et adressés. Ce qui n’a pas changé, en revanche, c’est cette volonté de toujours choisir des profils athlétiques. Si vous êtes grands, rapides, costauds, vous avez de fortes chances d’intéresser le manager général, friand du RAS (Relative Athletic Score). Si vous n’êtes pas familier avec cette unité de mesure, elle a été développée par Kent Lee Platte et elle regroupe, sous une note globale allant de 0 à 10, l’ensemble des caractéristiques mesurables lors du Combine ou Pro Days. Il s’agit de prendre en compte aussi bien les mensurations de chaque joueur que leurs performances mesurables sur les différents ateliers. Le RAS identifie alors les meilleurs athlètes (pas forcément joueurs) à chaque position.

Ainsi, la sélection d’Eric Stokes (et son score de 9,37) est tout sauf une surprise. Le cornerback comble un manque et reste l’un des joueurs les plus rapides de cette classe, quelle que soit sa position. Il joue bien le point d’attaque, a l’expérience de la press et sera difficilement battu en profondeur. Cependant, il n’est pas particulièrement fluide ou instinctif, et pourrait avoir besoin de temps pour s’habituer aux pénalités pour contact illégal dans la ligue. Sa sélection en 29e position peut paraitre un peu haute. Gutekunst avait pris pour habitude d’être plus « actif », étonnant de le voir attendre sagement à sa place alors que de meilleurs joueurs sur le poste sont partis quelques choix avant (Caleb Farley, 22e et Greg Newsome, 26e). D’autres pistes étaient envisageables avec de meilleures options disponibles. Pourquoi ne pas vouloir renforcer la ligne défensive (autre besoin criant) alors que le meilleur defensive tackle était libre (Christian Barmore) ? Pourquoi ne pas prendre un safety (Trevon Moehrig, Richie Grant) alors que le coordinateur défensif a clairement fait connaitre son intention d’évoluer le plus souvent avec 5 joueurs sur le dernier rideau ? Autant d’interrogations sans réponse qui ont de quoi laisser perplexe.

Même son de cloche au 2e tour. Le centre Corey Linsley est parti en free agency, il fallait donc combler le vide laissé par le All-Pro. Encore une fois, Green Bay a surpris tout son monde avec Josh Myers. L’ancien d’Ohio State a une explosivité et une puissance impressionnantes mais il est beaucoup trop agressif et se fait souvent surprendre sur la ligne. Le potentiel est là, mais il a besoin de beaucoup de travail pour se hisser au niveau. Creed Humphrey était encore présent et Kansas City ne s’est pas fait prier pour le récupérer au choix suivant. Au milieu de la tempête Aaron Rodgers, il a bien fallu calmer les esprits et enfin offrir au dernier MVP en titre une cible. Le choix d’Amari Rodgers sauve quelques peu les meubles, alors qu’il n’affole pas l’échelle du RAS (5,37)… Receveur semblable à Randall Cobb, dont le père a entrainé l’ancien Packer’ à Kentucky, il représente une excellente alternative dans le slot bien qu’il puisse aussi s’aligner sur l’extérieur. Il va pouvoir aider son quarterback avec sa vitesse et sa capacité à faire des jeux. Surtout, il offre à l’équipe de la profondeur nécessaire dans cette escouade. La saison dernière, Davante Adams a eu 82 réceptions de plus que tout autre receveur de l’équipe. Ce choix garantit également la présence d’au moins un Rodgers dans l’équipe…

On n’a jamais trop d’hommes de ligne offensive vous diront certains. En plus de Myers, Green Bay a poursuivi sa collection avec les arrivées de Royce Newman et Cole Van Lanen, soit 6 choix en 2 ans sur le secteur. Newman peut jouer à plusieurs postes et paraît être un bon ajout. Agile, des mains actives, il doit juste devenir plus fort pour résister aux joutes professionnelles. Le local de l’étape Van Lanen a lui régressé depuis sa meilleure saison en 2018. De bonnes mains et un athlétisme limité laisse entrevoir un passage vers l’intérieur de la ligne s’il parvient à se faire une place dans l’effectif.

De l’autre côté du ballon, Kenny Clark va enfin avoir de l’aide au centre du premier rideau. Nose Tackle classique, Tedarrell Slaton a une certaine capacité à grimper sur la ligne pour générer de la pression, mais il manque d’athlétisme pour cette position. Isaiah McDuffie a les qualités athlétiques pour devenir un linebacker correct en couverture et Green Bay avait besoin de compléter son escouade. Un plaqueur fiable et un bon blitzeur, très rapide sur zone courte, mais qui doit encore progresser en intelligence tactique. Shemar Jean-Charles est le type de cornerback choisi au 3e jour. Fluide, il a montré de bons instincts pour casser les actions. Il ne compensera peut-être pas sa taille par des qualités athlétiques exceptionnelles, ce qui le poussera probablement à l’intérieur. Les Packers n’avaient probablement pas besoin d’un nouveau running back, mais Kylin Hill a de sérieuses capacités. Un coureur autoritaire avec de bonnes mains qui peut tenter de batailler pour le poste de numéro 3 dans la rotation.

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