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[Draft 2022] NFL Combine : l’intérêt des ateliers suivant les positions

Parce que les qualités athlétiques sont primordiales dans ce sport, le NFL Combine est bien plus qu'un show télévisé.

La NFL est une ligue professionnelle où règne une compétition sans merci : entre les 32 franchises mais aussi, au sein d’un même effectif lors des camps d’entrainements ou pendant la saison. Le NFL Combine peut être assimilé à une compétition : qui va dépasser la pression et se montrer à la hauteur ? Qui se montre fébrile face à la concurrence ? L’évaluation est permanente et sur tous les plans. L’importance des divers ateliers est relative aux positions jouées. Mais le football étant un sport nécessitant des qualités athlétiques : courir, sauter, pousser ou contenir, des athlètes sont sur les terrains le dimanche. Pas si incongru alors, d’évaluer leurs capacités dans ces divers domaines.

Les ateliers avec mesure

40 yards dash

Le plus connu car le plus facile à comprendre pour le grand public : un sprint en ligne droite avec un chronomètre qui défile. Simple. Et spectaculaire aussi. Voir un homme courir 40 yards (36,6 mètres) en moins de 4,30 secondes est un spectacle. Cet atelier est avant tout un show. Pourtant les entraineurs ne sont pas insensibles aux qualités de vitesse, surtout chez les joueurs occupant des positions où les sprints se retrouvent en situation de matchs : receveurs et cornerbacks. Pour les joueurs plus lourds, lors de cet atelier, c’est surtout leurs temps après 10 yards qui intéressent les scouts : pour évaluer l’explosivité des premiers appuis. Dans les tranchées, les joueurs de ligne offensive et défensive sont très proches et donc, au moment de l’engagement du ballon, ils se retrouvent vite en duel : il faut donc être vif sur ses premiers appuis, sous peine de se retrouver en difficulté dans le « corps à corps ». Voila pourquoi, ce « 10 yards split » du NFL Combine est si important pour ces joueurs de ligne.

Le receveur John Ross (Giants) détient toujours le record avec un temps de 4,22 secondes. En 2022, il faudra suivre les receveurs Bo Melton (Rutgers) et Calvin Austin (Memphis) pour voir un temps canon.

Shuttle

Sur 20 ou 60 yards, cet atelier est un sprint mais pas en ligne droite. Il permet d’évaluer la rapidité à avoir de la vitesse, d’un coté puis d’un autre. Une qualité particulièrement importante pour des linebackers devant contrer les cuts des coureurs. Si le supersonique receveur Brandin Cooks (Texans) détient toujours le record avec 3,81 secondes sur 20 yards, lorsque des défenseurs obtiennent parmi les meilleurs temps alors, cela fait automatiquement monter leurs cotes. C’était par exemple le cas de Justin Simmons (Broncos) en 2016 avec un temps de 3,85 sec. Jeu de feinte, le football nécessite des joueurs capables de se rediriger rapidement alors les athlètes compétents pour le faire, sont convoités. En 2022, comme chaque année, des joueurs vont gagner des places lors de la draft grâce à cet atelier : en 2022, gardez un œil sur le linebacker Brian Asamoah (Oklahoma) et le safety Markquese Bell (Florida A&M).

Saut en hauteur

Réalisé sans élan, il permet d’évaluer la détente sèche d’un joueur. Les résultats revêtent plus d’importance à certaines positions, comme receveurs et cornerbacks : il faut savoir s’élever pour aller chercher le ballon lors de catchs contestés. Important aussi pour les tight-ends et les safeties. Chris Conley des Jaguars a établit le record en 2015 avec 1,14 mètres (45 inches). L’athlétique cornerback Tariq Woolen (UTSA) pourrait se distinguer en 2022.

Saut en longueur

Non, les joueurs de football ne doivent pas faire des bonds vers l’avant le dimanche. Mais effectué sans élan, il permet d’évaluer les qualités du bas du corps (gainage et jambes). Cela est primordial pour pouvoir décoller alors les meilleurs receveurs et cornerbacks dans cet exercice, marquent des points. Le cornerback des Dolphins, Byron Jones, détient toujours un record établit en 2015 avec 3,73 mètres : le stade était presque trop petit pour lui !

Le Broad Jump est aussi scruté pour les joueurs de lignes intérieurs : tackles défensifs, guards et centres. À ces positions, la puissance est importante, ne pas être patauds également : ces joueurs de lignes sont très proches de par et d’autres de la ligne d’engagement alors, ils doivent exploser de starting-blocks lorsque le ballon est engagé pour prendre l’avantage. Bien sur que savoir jouer bas sur ses appuis et avoir une bonne technique de mains restent les fondamentaux à ces positions mais, être explosif compte également. En 2011, le centre Jason Kelce des Eagles se distinguent avec un saut de 2,80 mètres. Joueur de Iowa, Tyler Linderbaum semble vouloir (et pouvoir) lui succéder en 2022.

Le développé couché

Une barre de 100 kilos devant être soulevée et ramenée le plus de fois possible. Cet atelier est bien entendu surtout porteurs d’indications pour ceux qui doivent lutter dans les tranchées : être suffisamment costaud pour attaquer ou repousser son assaillant pendant 60 minutes. Etre performant dans cet exercice n’est pas un gage de réussite en NFL mais, même si des contre-exemples existent (comme Orlando Brown), établir un faible nombre de répétitions pour un joueur de ligne, n’est pas bon signe. Bien entendu, la morphologie compte et les joueurs possédant de longs bras sont désavantagés. Le plus souvent donc, ce sont les guards et centres offensifs ainsi que les defensive tackles qui brillent dans ce tournoi. Le record est toujours détenu par les 49 répétitions de Stephen Paea (DT, ex Bears) à sa sortie de Oregon State. À suivre en 2022, le joueur de ligne offensive Ikem Ekwonu (North Carolina State).

Les ateliers sans mesure

Le Gauntlet

Si attraper des ballons lors d’un atelier du NFL Combine ne peut être assimilé à une situation de match pour les receveurs, cela permet néanmoins de mettre tous les joueurs sur un pied d’égalité en termes de conditions. Et si chaque saison les meilleurs receveurs sont connus et suivis depuis des mois, ces ateliers bénéficient surtout aux joueurs à l’exposition médiatique moindre. Lorsque performants au NFL Combine, leurs noms vient s’inscrire sur les tablettes des différents staffs qui s’empressent, dès le lendemain, d’étudier des vidéos de match du joueur. L’exercice consiste à partir d’une ligne de touche jusqu’à l’autre, en attrapant 7 ballons lancés à différents endroits du terrain. Voir tweet plus bas.

W

Le « W » est un atelier destiné aux arrières défensifs car il se rapproche de ce qu’ils vivent en match. un « W » comme un dessin de cet exercice : une course arrière puis une vers l’avant avec angle vers la gauche, à nouveau une course arrière et une dernière course vers l’avant pour terminer. L’intérêt sportif est que les arrières défensifs doivent être capables de reculer puis d’anticiper un tracé intérieur du receveur suivi en marquage. Il n’y a pas de ballon en jeu et les joueurs ne sont pas en équipement mais pourtant, ces situations de changements soudains de directions se retrouvent bien le dimanche sur le terrain.

Figure 8

Cet atelier, bien connu des Pro-Days et des camps d’entrainements, est aussi au programme : courir autour de deux cerceaux posés au sol et ramasser par endroits, un élément. Le but est d’évaluer la capacité à fléchir ses hanches tout en accélérant en arc de cercle, et savoir se pencher sans perdre de vitesse. Un exercice important pour les pass-rushers extérieurs car il mime ce qu’ils doivent être capable de faire en match : contourner le lineman offensif avec vitesse et en se penchant pour éviter d’être repoussé. En 2022, des spécialistes du pass rush possédant un gabarit « léger » devraient encore s’y distinguer : Nik Bonitto (Oklahoma) et DeAngelo Malone (Western Kentucky), par exemple.

Run and Club

Toujours pour les joueurs de ligne défensive, cet atelier consiste en une course slalom entre cinq dummies simulant des mouvements de bras et jeux de pieds de situations dites pass-rush. À noter que le dernier mannequin est doté de bras afin de simuler un arraché de ballon (strip-sack en version originale). Parce que l’impression visuelle « live » est importante pour les entraineurs, certains joueurs pourraient faire monter encore leurs cotes, comme les joueurs de Georgia Jordan Davis et Devonte Wyatt ainsi que ceux de Michigan Aidan Hutchinson et David Ojabo. À suivre aussi, le pass rusher de Minnesota Boye Mafe.

L’évaluation est permanente

Les quarterbacks sont bien entendu très scrutés, que ce soit lors de leurs ateliers spécifiques ou, lorsqu’ils lancent les ballons pour les exercices des receveurs, tight-ends et coureurs. Pour eux, les conditions ne seraient être comparées à celles de matchs mais, leurs mécaniques ainsi que leurs jeux de pieds sont constamment évalués. Pour les entraineurs et les managers, le NFL Combine est souvent la première fois où ils peuvent se faire une impression visuelle « live » du quarterback et c’est important. Et bien sur, les entretiens sont décisifs quant à leurs évaluations finales : ils sont le visage des franchises alors il faut se montrer digne de ce statut.

Le NFL Combine est aussi l’occasion, pour les joueurs d’universités modestes ou de niveaux inférieurs, de pouvoir se montrer. En 2022, on peut penser au receveur Dai’Jean Dixon (Nicholls State), au lineman offensif Cole Strange (Tennessee-Chattanooga), au linebacker Troy Andersen (Montana State) ou encore aux cornerbacks Zyon McCollum (Sam Houston State) et Joshua Williams (Fayetteville State). À eux de briller.

Des debriefs de ces journées vous seront, bien entendu, proposés : qui a marqué des points (et donc des dollars) et qui en a perdu ? C’est cette semaine que l’on connaitra les réponses.

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