[Intersaison] War Room – Green Bay Packers, avoir les moyens de ses ambitions

Brian Gutekunst a du travail pour garder Green Bay sous le plafond salarial tout en gardant une ossature compétitive.

La saison 2020 vient de se terminer, et dès le 17 mars prochain, la campagne 2021 ouvrira ses portes. Touchdown Actu en profite donc pour vous proposer un tour d’horizon des différentes franchises pendant l’intersaison. Quels joueurs garder et couper ? Quel agent libre prolonger ? Quelles recrues observer ? Voici quelques idées, franchise par franchise. A l’honneur, aujourd’hui, les Green Bay Packers.

Green Bay entre dans une intersaison charnière. Deux finales NFC en 2 ans pour Matt LaFleur à la tête de l’équipe, mais à chaque fois une défaite à la clé. Dur, compte tenu de la saison remarquable et de la qualité offensive affichée. Normal si l’on se penche de l’autre côté du ballon avec des trous à combler à tous les niveaux. Ils doivent dorénavant passer ce cap et retourner au Super Bowl durant les dernières (bonnes) années d’Aaron Rodgers aux commandes. Quelles sont la ou les pièces manquantes ? C’est la question cette intersaison. Tout comme le problème épineux du salary cap, où les Packers sont encore dans le rouge.

L’équipe est confrontée à une forte pression sur son budget, payant le prix d’une free agency dispendieuse en 2019, et des problèmes financiers qui touchent toutes les franchises de la ligue. Bien qu’il soit peu probable que le noyau de l’équipe change énormément, plusieurs joueurs clés en fin de contrat partiront, tandis que d’autres seront sacrifiés s’ils ne restructurent pas ou ne prolongent pas de manière significative leurs contrats actuels. Les grandes manœuvres ont déjà débuté afin de laisser ouverte la fenêtre de tir pour la conquête d’une bague. Sur ce point, le manager général Brian Gutekunst devra manier à merveille les rouages du système avec plusieurs mouvements en prévision. Christian Kirksey (LB) et Rick Wagner (OT) ont déjà plié bagage ; d’autres vont suivre pour gagner quelques liquidités. L’aménagement sur le contrat de David Bakhtiari a permis de libérer 8,3 millions de dollars, mais il en manque encore (11 millions) pour arriver à l’équilibre. Les regards seront désormais tournés vers les tauliers Aaron Rodgers et Za’Darius Smith ou bien encore Adrian Amos et Billy Turner pour faire des concessions. Avec une belle opportunité en ligne de mire.

Les tauliers

1 – Aaron Rodgers (QB)
2 – Davante Adams (WR)
3 – Ligne offensive
4 – Jaire Alexander (CB)

Au cours de sa deuxième année dans le système de Matt Lafleur, Aaron Rodgers est revenu à son meilleur niveau, au point de redevenir MVP de la ligue du haut de ses 37 ans. 70 % de passes complétées, 4299 yards, 48 touchdowns (record en carrière) pour seulement 5 interceptions, le Californien a semble-t-il bien digéré la sélection de Jordan Love au 1er tour de la dernière draft. Titillé dans son orgueil, le vétéran a remis l’église au milieu du village. Plus gestionnaire que par le passé, mais tout aussi décisif, il reste le titulaire indiscutable de la fonction et garde suffisamment d’essence dans le moteur pour tenter un dernier baroud en vue d’une seconde bague.

Pour cela, il pourra s’appuyer sur son receveur vedette, Davante Adams, véritable poison en 2020. Le jeune homme de 28 ans semblait pratiquement inarrêtable, produisant sa meilleure saison en carrière (115 réceptions, 1374 yards pour 18 touchdown), saluée par une sélection dans la 1re équipe All-Pro. Et dire qu’il a manqué 3 rencontres pour une blessure à la cheville. 4e salaire de l’effectif en 2021, le numéro 17 est dans une situation privilégiée. Avec une dernière année de contrat, Green Bay a tout intérêt à le prolonger pour non seulement sécuriser le poste de receveur numéro 1, mais aussi faire baisser son poids dans la masse salariale cette année (de 4 à 6 millions selon la structure).

La production des deux principales armes offensives n’a pu être possible sans une grande ligne. C’est simple, l’escouade n’a concédé que 20 sacks en saison régulière, soit le plus bas total depuis l’arrivée de Rodgers dans la ligue. Emmené par l’un des meilleurs tackles en protection de passe (David Bakhtiari), l’équipe a également envoyé Corey Linsley et le Elgton Jenkins au Pro Bowl. Le tackle gauche et le centre ayant eux aussi été choisis dans la 1re équipe All-Pro. Autre élément solide et fiable de cette unité, Billy Turner n’a concédé que 2 sacks et 3 pénalités sur ses 884 snaps offensifs joués.

La défense a aussi progressé depuis un an, terminant la saison régulière 8e en yards concédés (349,9 par match), et 7e contre la passe (221,2 yards). Fer de lance de ce dernier rideau, Jaire Alexander, qui a connu les joies d’une sélection dans la 2e équipe All-Pro. Bien épaulé dans sa tâche par le safety Darnell Savage Jr. en couverture (4 interceptions, 75 plaquages), ce groupe a tenu les quarterbacks adverses à moins de 250 yards dans les airs dans 8 des 10 derniers matchs.

Également : Za’Darius Smith (EDGE)

Les indésirables

1 – Preston Smith (EDGE)
2 –
Dean Lowry (DE)
3 – Devin Funchess (WR)

Il est de plus en plus difficile d’imaginer un retour de Preston Smith en 2021. La problématique contractuelle prime sur ses performances sportives avec ses 16 millions de dollars retenus en 2021. Bien que productif en 2019, le pass rusher n’a délivré que 4 sacks et 11 quarterback hits l’an dernier, créant ainsi le genre de régression brutale sur le terrain capable de transformer un joueur vétéran en victime collatérale. Green Bay peut ainsi économiser 8 millions de dollars en le coupant purement et simplement dès à présent (mais avec 8 autres millions de dead money). Ou plus probablement 12 millions s’il est désigné comme joueur à libérer après le 1er juin. L’équipe doit réaliser des économies quelque part et il est un candidat de choix à un départ précipité. En embuscade, Rashan Gary semble plus que prêt à prendre la relève après deux années d’apprentissage.

L’extension signée par Lowry pendant la saison 2019 ressemble plus à une erreur, et le front office se garde ainsi une porte de sortie. Le niveau de jeu est en constante régression et son départ permettrait d’économiser entre 3,3 et 4,8 millions de dollars, s’il est désigné comme coupe après le 1er juin.

Devin Funchess était le seul ajout l’équipe au poste de receveur au cours de la dernière intersaison, mais il a choisi de ne pas participer à la saison 2020. En son absence, les petits jeunes ont brillé et sa place est loin d’être assurée à la fin de l’été, d’autant plus si Brian Gutekunst se laisse séduire par un profil à la draft ou disponible à moindre coût sur le marché.

L’homme de l’été

Joe Barry (coordinateur défensif)

L’équipe a fait un travail remarquable en empêchant les gros jeux et s’est en fait améliorée par rapport à 2019. Mais augmenter le taux de pression sur les quarterbacks adverses, forcer les pertes de balles, et jouer avec plus d’agressivité doivent être les priorités absolues en 2021. Ainsi, les rênes de la défense ont été confiées à Joe Barry, 50 ans, ancien collègue de travail de Matt LaFleur aux Rams, suite à l’expiration de contrat de Mike Pettine. Pourtant, il n’était pas le premier choix. LaFleur préférait le plus jeune (38 ans) Jim Leonhard (coordinateur défensif de l’université de Wisconsin) qui a refusé le poste pour rester avec son alma mater. L’ex bras droit de Sean McVay en Californie arrive avec ses 25 ans d’expérience dans les bagages, son système en 3-4 et la ferme intention de réussir après ses échecs cuisants à Detroit (2007-2008) et Washington (2015-2016) dans ce rôle. Mais pour une fois, son escouade contient des éléments solides sur lesquels s’appuyer (Za’Darius Smith, Kenny Clark, Jaire Alexander, Darnell Savage, Adrian Amos).

À l’image de ce que produisaient les Rams l’an dernier, Barry pourrait être tenté de reproduire ce qui a si bien fonctionné. Sur le premier rideau, stopper le jeu au sol avec un minimum de personnel. Dans cette optique, Kingsley Keke peut avoir une belle carte à jouer. Il n’est évidemment pas Aaron Donald, mais il possède une combinaison taille/puissance/rapidité attrayante en tant que joueur intérieur. En couverture aérienne, Los Angeles a proposé beaucoup de choses créatives et innovantes avec un cornerback All-Pro et deux safeties de qualité. Au quinquagénaire d’utiliser les forces d’Amos, Savage et Alexander pour déguiser et masquer les assignations afin de troubler la lecture pré et post snap. Les deux premiers cités seront essentiels à ce dispositif. Il n’est pourtant pas à exclure que le coordinateur soit à la recherche d’un hybride linebacker/safety ; un joueur rapide capable de créer ce lien entre l’arrêt de la course et de la passe. Un poste de linebacker qu’il regardera avec une attention plus particulière en tant que spécialiste avisé. Il a ainsi grandement contribué à l’éclosion de Corey Littleton lors de ses premières années dans la ligue au point de voir son poulain sélectionné au Pro Bowl en 2018. Mais surtout celle de Derrick Brooks à Tampa Bay en 2002 lors de son passage en Floride (2001-2006) où il a appris les rudiments de la défense « Tampa 2 » de Monte Kiffin. Un schéma dans lequel le middle linebacker a une importance capitale en cas de jeu de passe, car il doit reculer en zone profonde pour couvrir la zone médiane du terrain, laissant les deux safeties s’occuper chacun d’un bord de touche.

Également : Rashan Gary (EDGE).

Les principaux free agents

1 – Corey Linsley (C)
2 – Aaron Jones (RB)
3 – Jamaal Williams (RB)
4 – Kevin King (CB)
5 – Robert Tonyan (TE)

et aussi : Lane Taylor (G), Damon Harrison (DL), Marcedes Lewis (TE), Tyler Ervin (RB), Montravius Adams (DL), Jared Veldheer (OT), Tavon Austin (WR), Chandon Sullivan (C), Tyler Lancaster (DL), Allen Lazard (WR), Will Redmond (S).

Bien que les Packers puissent dégager suffisamment d’argent par le biais de restructurations ou de coupes, cela n’empêchera pas plusieurs contributeurs clés de quitter le Wisconsin ces prochaines semaines. En tête de liste, Corey Linsley, centre titulaire de longue date qui a remporté les honneurs d’une sélection dans la 1re équipe All-Pro en 2020. Compte tenu de ce statut et de l’extension importante signée par Bakhtiari, il peut prétendre à un beau chèque. Mais Green Bay peut-il se permettre d’aligner au minimum 10 millions de dollars par an pour retenir son centre ? Pas si sûr. Son départ quasi certain représentera une lourde perte, mais ils n’ont pas les moyens de le retenir. Toujours sur la ligne, une courte prolongation de Lane Taylor est envisageable, histoire de maintenir une partie de la profondeur impressionnante de ce secteur, véritable force de l’an dernier.

Pour les coureurs Aaron Jones et Jamaal Williams, la donne est similaire. Les Packers n’ont pas utilisé le franchise tag au cours des 10 dernières années et ne l’a pas fait non plus cette année, même pour garder son coureur à un tarif abordable. Il reste désormais une semaine aux deux parties pour trouver un accord sur le long terme, mais le front office n’est pas très enclin à s’aligner sur les prétentions salariales (notamment la partie « argent garanti ») que le coureur souhaiterait. Ne soyez donc pas surpris s’ils préfèrent prolonger sa doublure à un tarif avantageux (environ 4 millions de dollars par an), puis de se diriger vers les derniers tours de la draft pour compléter la rotation. Là où ils ont trouvé Williams (4e) et Jones (5e) il y a quatre ans.

Compte tenu de son statut d’agent libre de droits exclusifs et de sa montée en régime, Allen Lazard coche toutes les cases pour un retour aux côtés de Davante Adams et Marquez Valdes-Scantling avec un nouveau contrat bon marché. Un peu dans un cas de figure similaire, les Packers ne laisseront pas filer Robert Tonyan. Le tight end a été la belle histoire de la saison écoulée avec ses 11 touchdowns. Mais là, Green Bay pourrait être tenté de viser un accord pluriannuel afin de sécuriser la position sur le long terme. Toujours dans cette unité, la balle est dans le camp de Marcedes Lewis et les choses sont claires. S’il veut revenir, une place lui sera faite. Le vétéran est apprécié du staff et des joueurs. Il est à l’heure actuelle le dernier joueur d’expérience à ce poste et reste une option viable pour le sale boulot dans les tranchées.

Défensivement, la ligne sera sans doute grandement renouvelée durant les prochains mois ; Joe Barry souhaitant une escouade plus énergique et agressive. De Damon Harrison, en passant par Tyler Lancaster ou Montravius Adams, aucun des trois ne devrait revenir. Sur le dernier rideau, le poste de cornerback est un gâchis. Grâce à quelques bonnes sorties, Chandon Sullivan devrait survivre et se voir offrir une nouvelle opportunité. Au contraire de Kevin King dont la saison faite de hauts, mais surtout de bas a fini par convaincre les dirigeants d’investir sur le poste avec un choix de premier rang à la draft. Will Redmond pourrait quant à lui taper dans l’œil de Joe Barry avec son statut de joueur hybride.

Le Top 5 des besoins

1 – Cornerback
2 – Defensive Tackle
3 – Linebacker
4 – Ligne offensive
5 – EDGE

Sans surprise, la défense est à prioriser. L’escouade dispose de très bons joueurs sur des postes clés, permettant aux Packers de se hisser dans la moitié supérieure de la ligue. Mais aussi et surtout un nombre alarmant de trous. Combler les manques – et limiter le nombre de maillons faibles de la chaîne- est probablement la clé pour débloquer une unité de premier ordre. Trop souvent en 2020, les bons quarterbacks ou les bons joueurs ont trouvé des moyens d’éviter les joueurs d’élite pour s’attaquer aux plus faibles.

Le poste de cornerback est l’un des plus pressants. Ils ont tiré le gros lot avec Jaire Alexander, mais la position a été négligée depuis. À l’opposé, Kevin King est sur le point de suivre le chemin de Damarious Randall ou Quinten Rollins, et Josh Jackson n’est pas loin derrière. Dans le slot, Chandon Sullivan a besoin de concurrence. Les cornerbacks étant chers sur le marché de la free agency, Green Bay doit considérer la position assez tôt lors de la draft.

D’autres positions de ce côté du ballon ne sont pas loin derrière. La ligne défensive n’a pas ou peu de profondeur, surtout si Dean Lowry est victime des impératifs financiers. Green Bay doit mettre plus de pression sur les quarterbacks et stopper le jeu au sol adverse, mais doit avoir des joueurs impactant en première ligne pour cela. Les linebackers ont quelques jeunes joueurs encourageants (Kamal Martin, Krys Barnes), mais Joe Barry pourrait vouloir plus de talent à un poste qu’il apprécie. Notamment le fameux hybride. Et si Preston Smith n’est plus là, ils doivent à nouveau investir sur ce poste primordial. Za’Darius Smith et Rashan Gary ne pourront pas seuls assurer l’ensemble des snaps.

Offensivement, il est toujours judicieux d’apporter un peu de sang frais sur sa ligne, surtout lorsque le futur de ses deux joueurs majeurs reste flou. David Bakhtiari s’est déchiré le ligament croisé antéro-externe du genou en toute fin de campagne et il n’est pas du tout certain d’être totalement remis sur pied pour le début de la prochaine. Au centre, l’avenir de Corey Linsley s’inscrit en pointillé vu sa valeur sur le marché et des faibles moyens dont Gutekunst dispose pour le retenir. Derrière, la relève est présente, mais voit sa rotation en prendre un coup. Un peu de nouveauté doit être injecté en cas de coup dur. Enfin, si Aaron Jones et Jamaal Williams venaient tous deux à partir, la position de coureur ne doit pas être éludée. La sélection d’A.J Dillon au 2e tour en 2020 laisse penser que le problème avait été -en partie – anticipé, mais derrière la rotation est absente et LaFleur a besoin d’un groupe de running backs performants pour le bon fonctionnement de son dispositif offensif.

La cible

Troy Hill (CB)

La rumeur J.J Watt tuée dans l’œuf, Green Bay serait avisé de se pencher sur un ancien protégé de Joe Barry, Troy Hill. Le cornerback vétéran devrait susciter l’intérêt d’un certain nombre d’équipes en free agency et apporterait son expérience sur un besoin criant. Il s’est épanoui en jouant à l’opposé de Jalen Ramsey en 2020 (3 interceptions, 10 passes défendues, 2 touchdowns, 1 fumble forcé, 2 récupérés) et les Packers seraient avisés de le signer pour revêtir le rôle de cornerback numéro 2. Hill a toujours la vitesse et la rapidité nécessaires pour gérer presque tous les receveurs ; un complément potentiel idéal pour Jaire Alexander. Green Bay peut se permettre de lui offrir un contrat de plusieurs années avec une valeur annuelle modeste sans trop de soucis. En 2020, le joueur de 30 ans comptait pour 4,443 millions de dollars dans la salary cap des Rams (Source : overthecap.com).

Autres possibilités : Desmond King (CB), Patrick Peterson (CB), Xavier Rhodes (CB), Richard Sherman (CB)

Le sang neuf

Zaven Collins (LB, Tulsa)

Jeremiah Owusu-Koramoah certainement parti avant, Gutekunst a tout intérêt à se pencher sur Zaven Collins pour renforcer son escouade de linebackers. Regardez toutes ses vidéos et vous comprendrez rapidement qu’il est le meilleur joueur sur le terrain. L’ancien de Tulsa ne sera pas aussi dominant en NFL, mais il possède la taille, la vitesse et surtout le QI Football pour évoluer à n’importe quel spot du 2e rideau défensif. Ses attributs physiques au-dessus de la moyenne lui permettront à la fois d’attaquer la ligne d’engagement et défendre contre le jeu au sol, mais aussi reculer au dernier rideau pour aider en couverture aérienne. Il a montré une progression constante en 2020, devenant un défenseur complet et décisif de semaines en semaines. Une aubaine pour Joe Barry qui aurait de quoi en faire le point d’ancrage de son dispositif.

Autres choix possibles : Craig Newsome II (CB, Northwestern), Jaycee Horn (CB, South Carolina), Christian Barmore (DT, Alabama), Jeremiah Owusu-Koramoah (LB, Notre Dame), Nick Bolton (LB, Missouri).

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