[Fiches draft] Kenneth Walker III (RB), le joystick humain

Plus réactif qu’instinctif, le coureur possède une panoplie de mouvements dévastateurs pour se rendre insaisissable.

Kenneth Walker – Running Back – 21 ans – Junior – Michigan State

Taille : 1m75

Poids : 96 Kg

Position estimée dans la draft : 2e – 3e tour

Stats 2021 : 12 matchs, 263 courses, 1636 yards, 18 touchdowns + 13 réceptions, 89 yards, 1 touchdown

Comparaison NFL :  Mark Ingram

Points forts

– Changement de direction
– Vision
– Protection du ballon
– Puissance
– Explosivité

Transféré de Wake Forest à Michigan State à la fin de la saison 2020, Kenneth Walker III a connu une progression fulgurante pour sa dernière campagne universitaire. Son gabarit lui permet de jouer dur au contact et de casser des plaquages, ce qui le rend hyper productif. Si bien qu’il s’est adjugé le Doak Walker Award l’an dernier, trophée récompensant le meilleur running back du pays, et s’est classé 6e dans la course au Heisman Trophy (meilleur joueur universitaire)

Il n’en demeure pas moins un coureur électrique, dangereux dans l’espace, avec des pieds toujours en action. Il excelle dans les concepts de zone car il possède un redoutable changement de rythme. Il attend sagement derrière la ligne pour laisser les blocs s’installer et mettre les défenseurs hors de position lorsqu’il aperçoit la brèche. Son accélération sur courte distance et ses changements de direction soudains font la différence.

S’il y a le moindre espace, il le trouvera grâce à une excellente lecture. Il peut être capable d’attaquer le centre avec puissance, ou bien rebondir sur l’extérieur si le passage est bouché. Et s’il parvient à prendre de la vitesse, il peut vite devenir insaisissable. Il arrive à enchainer plusieurs mouvements pour slalomer entre les défenseurs et maximiser ses portées. Il ne rechignera pas non plus à baiser l’épaule pour aller au contact et gagner quelques yards supplémentaires. Malgré une approche assez physique, il arrive relativement frais à l’orée de sa carrière professionnelle car il n’a pas été sur-utilisé pendant son cursus.

Point important pour un coureur, Walker sait prendre soin de la balle. Il n’a perdu qu’un seul fumble durant ses années universitaires. On peut donc lui faire confiance en fin de match pour porter le cuir afin de faire tourner l’horloge, ou à l’approche de l’end zone adverse lorsqu’il s’agit de trouver la faille pour aller marquer.

Points faibles

– Jeu aérien
– Protection de passe
– Joue trop physique

Pour l’instant, Walker n’est qu’un running back pur, capable d’évoluer uniquement sur phases de course. Il a la taille et le style physique pour gérer une charge de travail importante, mais il n’a pas encore fait ses preuves en tant que receveur (seulement 19 réceptions en trois saisons). Il doit travailler sur l’exécution des tracés et la réception des ballons pour être considéré comme une menace sur le jeu aérien au niveau NFL, donc un joueur capable d’évoluer sur 3 tentatives.

En plus de cela, il ne semble pas être un bloqueur volontaire dans la protection de son quarterback. Il n’était pas souvent utilisé dans ce rôle chez les Spartans et c’est probablement parce qu’il a du mal à appréhender les blitzs adverses. Sa technique de bloc est également plus que discutable. Walker ne s’approche pas correctement de sa cible, il a tendance à plonger rapidement vers le bas la tête en avant, ce qui entraîne souvent un contact minimal au point d’impact.

Bien qu’il soit capable de longues courses, comme son touchdown de 75 yards face à Northwestern la saison dernière, il ne sera pas l’un de ces coureurs possédant une seconde accélération dévastatrice. Il a de gros gains parce qu’il court avec puissance et fait rater des plaquages. Mais parfois, il veut trop en faire et jouer les héros, alors qu’il n’a nulle part où aller. Ce style ne fonctionnera peut-être pas aussi bien au niveau supérieur, face à des défenseurs plus grands et plus disciplinés.

Les stats

0,34 plaquage cassé par tentative et 4,5 yards après contact par tentative en moyenne en 2021

Walker est un coureur très difficilement arrêtable avec une accélération sur les premiers yards quasi instantanée. Il s’engouffre dans les brèches, dépasse ses poursuivants et casse des plaquages. Il a terminé dans le top 5 des running backs du Power Five en termes de plaquages cassés par tentative (0,34) et yards gagnés après contact par tentative (4,5), selon PFF.

Destinations possibles

Kansas City Chiefs, Arizona Cardinals, Tampa Bay Buccaneers, Denver Broncos

Dans un futur proche, Walker pourrait être titulaire dès le premier jour en tant que coureur explosif, doté d’une bonne vision et capable de gagner des yards par lui-même. Mais, à l’heure actuelle, il ne protège pas efficacement son quarterback et n’est pas une menace à la réception constante pour être considéré comme un joueur sur 3 tentatives. Pourtant le potentiel est présent et l’alimenter sur des passes écrans devrait être un rôle qui colle parfaitement à son profil car il sera capable de gagner les yards après réception. Il représente une solide alternative au sein d’un comité et gagnera ses galons de numéro 1 une fois qu’il possèdera toutes les compétences requises pour son poste.

À Arizona, il peut remplacer Chase Edmonds, parti lors de la free agency, et former un duo solide et complémentaire avec James Conner, capable de produire en toutes circonstances. Kansas City a terminé dans le ventre mou NFL en termes de yards produits au sol, et court sur 1re tentative dans 27,6 % des cas (7e de la ligue). Sa présence derrière une ligne solide permettrait d’apporter plus de constance dans la production, surtout avec un Clyde Edwards-Helaire abonné aux pépins physiques depuis son arrivée dans la ligue. Le constat est similaire à Tampa Bay, mais le besoin est encore plus criant. 26e attaque terrestre au sol l’an dernier, le groupe de coureur se doit de franchir un palier pour rendre l’attaque moins unidimensionnelle. Il peut être ce chainon manquant, capable de produire derrière Leonard Fournette. Chez les Broncos, Javonte Williams a fait son trou comme numéro 1 et était très performant à North Carolina au sein d’un comité. Melvin Gordon parti, Walker a les atouts pour endosser le rôle de numéro 2.

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