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[NCAA] L’affiche de la semaine : Florida State-Miami ou comment redevenir séduisant

Une rivalité historique qui cherche à redorer son blason : focus sur le recrutement des lycéens.

Chaque vendredi, la rédaction de touchdownactu vous décortique l’affiche du week-end en football universitaire. Pour suivre les futurs joueurs de vos franchises NFL préférées et pour vibrer au rythme de rivalités et de traditions ancestrales.

Semaine 11 : Florida State-Miami

Ces deux places fortes du football universitaire, dominantes au 20e siècle, ont du mal à rivaliser avec les meilleures, depuis une quinzaine d’années. Mais pour les fans, la rivalité est une notion toujours importante, y compris quand les résultats ne sont pas bons.

Florida State a le ballon

Le quarterback Jordan Travis est un lanceur dit « double menace ». Lui qui a commencé son cursus à Louisville (comme Lamar Jackson), il tente presque autant de courses que de passes (96 pour 118). Des 14 quarterbacks titulaires en conférence ACC, il est celui avec le moins bon total de yards aériens par match. Le coureur Jashaun Corbin est lui par contre le 3e de la conférence en yards gagnés au sol. Après deux saisons passées dans le Texas, chez les Aggies de A&M, il est revenu dans son état natal pour former un redoutable duo complémentaire avec le plus léger Treshaun Ward. Les deux coureurs sont aussi utilisés pour le jeu aérien. Tout comme le 3e dans la hiérarchie, Lawrence Toafili. Faut dire que l’escouade de receveurs manque de talent, en attendant l’éclosion de la recrue 4 étoiles Malik McClain. Arrivé depuis Kansas, Andrew Parchment aurait du être le « go to guy » mais s’il contribue, l’apport est loin de celui escompté. Le tight-end Camren McDonald est lui un joueur solide, pas plus. Souci depuis quelques années : la ligne offensive. En 2021, elle concède toujours trop de sacks aux défenses adverses, pour permettre à l’attaque de trouver sa vitesse de croisière. La seule satisfaction dans ce domaine est le tackle droit Darius Washington.

Pour contrarier la ligne offensive de Florida State : le defensive-end Zach McCloud. Joueur très expérimenté puisqu’il joue sa 6e saison (une saison redshirt après blessure et une saison bonus liée à la pandémie de 2020). Linebacker ses premières années, il a été replacé sur le premier rideau en 2021 et il ne déçoit pas : 5 sacks en 9 matchs. À son opposé, le plus jeune Jahfari Harvey alors qu’au centre la rotation se fait entre trois joueurs : Nesta Silvera, Jonathan Ford et Jared Harrison-Hunte. Surtout, la recrue 5 étoiles Leonard Taylor commence à briller. Pouvant jouer à l’extérieur ou à l’intérieur, ce natif de Miami montre déjà pourquoi il était si courtisé : 6 matchs joués et 7 plaquages pour pertes ! Il est le grand espoir de « The U ». Derrière eux, le meilleur plaqueur est le linebacker Waymon Steed alors que le meilleur joueur est le safety Bubba Bolden. Malheureusement, ce dernier a vu sa saison se terminer avec une blessure à l’épaule. Si remis à temps, il est un candidat pour la draft 2022. Miami a cependant de la ressource (et des limites) pour le remplacer.

Les Hurricanes peuvent en effet aligner une paire de safety de très grand talent. Le cogneur Kamren Kinchens est natif de Miami et il est une recrue 4 étoiles. À ses cotés, une future star en puissance : l’immense James Williams (1m98). Cette recrue 5 étoiles a déjà, pour sa 1e saison, défendu 4 passes et signé 2 interceptions. Si lui et Leonard Taylor atteignent leurs potentiels alors, la défense de Miami sera très performante. La limite étant bien sur leurs jeunes âges et donc un apprentissage à développer (technique et en situations de jeux vécues).

Miami a le ballon

L’entraineur Manny Diaz fondait ses espoirs offensifs en un quarterback expérimenté. Mais ça, c’était avant la saison car D’Eriq King n’a pu jouer que 3 matchs avant de se blesser. Il s’en remet donc au jeune Tyler Van Dyke et ce dernier s’en sort plutôt bien : 7 matchs pour 1877 yards et surtout 15 touchdowns pour seulement 4 interceptions. Il s’appuie avant tout sur Charleston Rambo, arrivé par transfert après 3 saisons à Oklahoma. L’expérimenté Mike Harley et le très jeune Keyshawn Smith complète l’escouade de receveurs. Ils sont aidés par le talentueux tight-end Will Mallory qui, dans un autre style, a repris le flambeau laissé par la draft de Brevin Jordan (Texans). Le système offensif est très équilibré avec autant de tentatives de passes que de courses (37 et 36,2 par match). Pour porter le ballon, les ‘Canes s’en remettent au senior Cam’Ron Harris et au talentueux sophomore Jaylan Knighton (10 touchdowns à eux deux sur les 9 matchs 2021). Le souci pour l’attaque est que la ligne offensive prend l’eau : 27 sacks autorisés en 9 matchs ! Pourtant, un joueur semble avoir plus de potentiel que les autres. Phénomène athlétique, Zion Nelson est un tackle gauche avec un avenir NFL. Il a cependant encore des progrès à faire, pour rejoindre les pros, en terme de technique et aussi d’engagement. Il aura comme mission principale, dans ce match, de maitriser un pass rusher dominant.

Arrivé par transfert depuis Georgia, le pass rusher Jermaine Johnson confirme son grand potentiel : 7,5 sacks en 9 matchs 2021, encore 3 pressions du QB samedi dernier face à NC State. Passé tout d’abord par un Junior College (pour résultats scolaires insuffisants), il a rejoint Georgia en 2019 comme le prospect numéro 1 du JUCO. Dans la rotation sa 1e saison, il est un joueur majeur sa seconde (5 sacks en 7 matchs). Joueur majeur mais pas titulaire ! Barré par les talentueux Nolan Smith et Adam Anderson, il a alors cherché une université pouvant lui permettre d’avoir davantage d’importance et ainsi, faire monter sa cote en vue de la draft 2022. Possédant taille, envergure et vitesse, il fait partie de cette cuvée 2022 très relevée sur le poste de DE/34OLB de la draft. Si le defensive tackle Robert Cooper s’occupe de bloquer l’intérieur de la ligne, Jermaine Johnson gère lui l’extérieur.

Les linebackers extérieurs Amari Gainer et le jeune Derrick McLendon apporte de la pression pendant qu’au centre, ce sont DJ Lundy et Kalen DeLoach, le plus talentueux des quatre, qui complète le front 7. Après Jermaine Johnson, le second homme fort de cette défense est l’arrière Jammie Robinson. Il est un spécialiste pour transpercer la poche adverse, pour aller plaquer un coureur avant qu’il ne dépasse la ligne d’engagement. La secondary des Seminoles est une escouade d’avenir avec les jeunes Travis Jay, Sidney Williams et Kevin Knowles mais le présent apporte peu de certitudes.

Match samedi 13 novembre à 21h30.

À suivre aussi

Oklahoma à Baylor / Georgia à Tennessee / Texas A&M à Ole Miss / Michigan à Penn State / Nevada à San Diego State

Le bonus de la semaine

Pour être compétitif, un programme de football universitaire a besoin d’un bon coaching staff mais surtout de bons joueurs. Les meilleurs lycéens sont observés par les universités et les entraineurs les recrutent. Certains entraineurs sont même parfois engagés, d’abord pour leurs capacités à recruter les meilleurs lycéens, plutôt que pour leurs compétences sur le bord du terrain. La plupart des lycéens sont recrutés dès leur 3e saison de High School et cet engagement verbal doit être confirmé par signature l’année suivante. Bien sur, certains s’étant engagés verbalement changent parfois d’avis et signent finalement avec une autre université.

Les universités les courtisent et chacun fait valoir ses arguments (nous parlerons ici que des moyens légaux). Cela commence le plus souvent par jouer sur la fibre locale, en partant du principe que le jeune a grandi en regardant ses ainés jouer dans l’université locale, mieux encore si les parents sont fans des équipes sportives de la fac. Certains promettent un environnement familial, plus ou moins religieux selon les universités, qui rassurent les familles. Visite du campus, assister à un match et pour les meilleurs, recevoir la visite à domicile de l’entraineur en chef. Les meilleurs joueurs reçoivent aussi du courrier, beaucoup de courrier. Parfois des centaines de lettres d’universités leurs promettant une bourse et les meilleures conditions pour se construire un futur.

Les lycéens sont aussi notés par 3 sites faisant référence en la matière : 247Sports, ESPN et Rivals. Ils sont classés en catégories allant de 5 à 2 étoiles. Le site 247Sports a aussi développé un système, se basant sur divers critères, pour délivrer une note allant jusqu’à 1 : en 2019, Kayvon Thibodeaux était le lycéen numéro 2 du pays et avait reçu la note de 0,9987. Du coup, les universités aussi reçoivent une note et un classement annuel, en fonction de leurs classes de recrutement. Et c’est là que le bas blesse pour ces deux universités de Floride. En 2021, 3 joueurs venant de cet état faisaient parti des 15 meilleurs lycéens du pays, 7 dans le top 25 ! Et c’est comme cela chaque année car la Floride, avec le Texas et la Californie, fournit énormément des meilleurs joueurs de football, du lycée à la NFL. Pourtant en 2021, Florida State n’avait que la 22e classe de recrutement du pays et aucun lycéen 5 étoiles. Miami connaissait sa meilleure cuvée depuis des années, pourtant seulement la 11e du pays. Alors que le réservoir local devrait les empêcher de sortir du top 5 chaque saison ! En 2021, pas moins de 28 joueurs nés à Miami jouent en NFL. De Dalvin Cook (Vikings) à Amari Cooper (Cowboys), de Teddy Bridgewater (Broncos) à Lavonte David (Buccaneers). Sans compter ceux venant de Fort Lauderdale (à 50 km) qui sont 18, comme les frères Bosa ou Brian Burns (Panthers). Alors pourquoi les meilleurs ne restent pas jouer pour l’équipe de football du coin ?

Les meilleurs joueurs universitaires ne peuvent choisir leur équipe NFL car draftés, mais les meilleurs lycéens eux, peuvent choisir leur université et forcément, ils vont là où le projet sportif semble le plus intéressant. En 2021, seuls 3 joueurs parmi le top 10 lycéen ont rejoint une université de Floride et encore, cette cuvée a été exceptionnelle pour Miami. Miami et Florida State souffrent de jouer dans une conférence moins réputée que d’autres et souffrent de résultats peu reluisants. Alors chaque saison, des universités comme Alabama, Georgia ou Clemson viennent se servir : en 2021, Alabama a ainsi pu recruter les lycéens classés 1, 2, 8, 11, 12, 13 et 14 de l’état de Floride. Rien que ça ! L’université de Florida et sa présence dans la prestigieuse conférence SEC reste la plus attractive de la région. Miami et Florida State, sauf rares coups d’éclats, se contentent de ce qu’il reste. Difficile alors d’être compétitif pour enclencher un cercle vertueux.

Les jeunes aimant ce qui brille et qui fait le buzz alors, l’université de Miami propose à ses futures recrues défensives de pouvoir se faire remarquer : s’il récupère le ballon, grâce à une interception ou un fumble recouvert, le défenseur obtient son mini moment de gloire sur le bord du terrain, en arborant une chaine d’une valeur de 100 000 dollars ! Bien sur, il ne s’agit que d’un emprunt très momentané mais cela vaut bien une célébration. Et c’est un argument pour attirer les jeunes grandissant à Miami et sa région car tous, bien entendu, ont déjà vu et se sont imaginés connaitre cet instant de gloire : Turnover Chain !

 

 

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