[Preview 2021] Jacksonville Jaguars : Trevor Lawrence-Urban Meyer, le ticket gagnant ?

Quatre ans après leur finale de conférence, les Jaguars ont achevé leur phase de destruction, place désormais au projet de reconstruction.

Comme tous les ans, Touchdown Actu vous propose ses traditionnelles fiches d’avant-saison. Vous pouvez toutes les retrouver en cliquant sur ce lien.

Après une saison catastrophique, on a décidé de repartir de zéro du coté de Jacksonville. Nouveau staff, nouveau quarterback, de nombreux choix de draft et tout un projet à (re)construire.

Sans véritables ambitions comptables, Urban Meyer et Trevor Lawrence seront tout de même observés de près pour leur arrivée en NFL.

La saison dernière : 1 victoires – 15 défaites, 4e de l’AFC Sud

Mouvements à l’intersaison

Comme on en a pris l’habitude ces dernières saisons, Jacksonville a été parmi les grands acteurs de mois sans football. Une fois n’est pas coutume commençons ce décryptage par la fin : la Draft. Avec leur premier choix, les Jaguars ont, sans surprise, décidé de choisir Trevor Lawrence. Le quarterback est attendu comme le messie en Floride. Il doit devenir le quarterback du futur pour cette franchise et ce premier choix n’a surpris personne. Le choix suivant, en revanche, a fait soulever pas mal de sourcils. Certes, Travis Etienne était un running back incroyable à Clemson, mais les Jaguars avaient-ils besoin de le drafter aussi haut ? Il jouera en tout cas avec la pression d’un premier tour sur les épaules.

Pour le reste de cette cuvée, les Floridiens ont fait des choix intéressants. Tyson Campbell, Walker Little et Andre Cisco auront besoin de temps, mais ils sont des titulaires en puissance. Jay Tufele, Jordan Smith, Luke Farrell et Jalen Camp ont été choisis pour apporter de la profondeur sur des postes qui en manquaient cruellement. Quelques semaines plus tôt, c’est aussi avec ce désir d’ajouter de la profondeur et du talent à cet effectif que les Jaguars avaient recruté.

Avec 74,4 millions de dollars à disposition, Jacksonville était (une fois de plus) la franchise avec la marge de manœuvre la plus large face à la contrainte de la masse salariale. Mais la stratégie semblait différente cette saison. Pas de coup d’éclats à grand renfort d’énormes chèques, mais plutôt du recrutement ciblé. Attention, n’allez pas croire que les Jaguars n’ont pas fait tourner la planche à billets. La franchise reste parmi les plus dépensières avec les Patriots, les 49ers ou encore les Cowboys. Sauf que les dirigeants ont plutôt fait le choix de diversifier leurs achats. Le recrutement le plus marquant (et le plus onéreux) reste Shaquill Griffin. Mais le cornerback ne coutera « que » 44,5 millions de dollars sur trois ans. On est loin des Malik Jackson, Calais Cambpell ou A.J. Bouye, recrutés à prix d’or les années précédentes.

Jacksonville est ensuite allé chercher Marvin Jones Jr, Carlos Hyde, Rayshawn Jenkins ou encore Philip Dorsett. Des vétérans venus apporter de l’expérience. Ils se sont aussi attachés à renforcer leur front seven avec les recrutements de Roy Robertson-Harris, Malcom Brown et Jihad Ward. Si ce changement de politique n’a pas surpris grand monde, c’est bien parce que les hommes à la tête de la franchise eux aussi avaient changé.

On termine en effet notre chronologie inversée en mentionnant les nouveaux arrivants au sein des équipes dirigeantes. Mi-janvier, la franchise s’est trouvée un nouvel entraîneur : Urban Meyer. L’ancien de Florida arrive avec un tout nouveau staff et devra désormais travailler avec Trent Baalke qui a été officiellement nommé manager général de cette équipe.

Arrivées notables : Shaquill Griffin (CB), Carlos Hyde (RB), Philip Dorsett (WR), Tim Tebow (TE), Roy Robertson-Harris (DE), Rayshawn Jenkins (S), Malcolm Brown (DT), C.J. Beathard (QB), Derwin Gray (OT), Laquon Treadwell (WR), Jihad Ward (DE), Dakota Allen (LB)…
Re-Signatures : Cam Robinson (OL – Franchise Tag), Sidney Jones (CB), Logan Cooke (P), Tre Herndon (CB), Tyler Shatley (C), Dawuane Smoot (DE), James O’Shaughnessy (TE), Aldrick Roses (K), Adam Gotsis (DL)…
Draft : Trevor Lawrence (QB), Travis Etienne (RB), Tyson Campbell (CB), Walker Little (OT), Andre Cisco (S), Jay Tufele (DT), Jordan Smith (DE), Luke Farrell (TE), Jalen Camp (WR).
Pertes notables : Keelan Cole Sr. (WR), D.J. Hayden (CB), Mike Glennon (QB), Chris Conley (WR), Tyler Eifert (TE), Dede Westbrook (WR)…

Le(s) point(s) fort(s)

Le matériel autour de Trevor Lawrence semble bon. D’abord parce que le duo DJ Chark Jr. (photo), qui sort d’une saison à plus de 1 000 yards, et Marvin Jones Jr. est prometteur et plutôt complémentaire. Ensuite parce qu’il pourra être soutenu par un backfield offensif complet. Les Jaguars pourront continuer de s’appuyer sur James Robinson (1070 yards, 7 TDs au sol en 2020), qui voit arriver deux nouveaux joueurs pour lui prêter main-forte. En effet, même si on peut regretter l’utilisation d’un premier tour pour son choix, Travis Etienne reste un coureur de grande qualité qui peut faire de belles choses en NFL. Ajoutez à ces deux hommes-là un running back d’expérience, en la personne de Carlos Hyde, et vous avez un jeu au sol qui peut performer.

Surtout que la ligne offensive peut aussi être un atout. Si le cas Cam Robinson reste un gros point d’interrogation sur la gauche de la ligne, les quatre autres titulaires de l’an dernier seront de nouveau présents pour protéger leur quarterback. L’intérieure de cette ligne reste d’ailleurs un gros point fort avec le trio A.J. Cann, Brandon Linder et Andrew Norwell (de la droite vers la gauche). Des gardes du corps solides, capables d’ouvrir des brèches. Trevor Lawrence aura au moins besoin de ça pour faciliter et accélérer son adaptation au plus haut niveau.

Le(s) point(s) faible(s)

Quand on ne termine une saison qu’avec une seule victoire, il y a forcement beaucoup de points faibles. Et ce n’est pas avec une intersaison, aussi bonne soit-elle, que tout va changer. À commencer par la défense. L’an dernier cette escouade était 31e au nombre de points encaissés et de yards autorisés. Et même si de nombreux renforts sont venus s’ajouter de ce côté du terrain, cette défense parait toujours être l’une des moins bien armées de la ligue.

Pour faire simple, il manque du talent sur toutes les lignes. Aucun des joueurs recrutés sur le front seven (Malcom Brown, Roy Robertson-Harris, Jay Tufele…) n’a véritablement le profil pour changer le visage de cette escouade. Les deux joueurs sur lesquels les Jaguars placent beaucoup d’espoir se trouvent aux extrémités de cette défense. Mais Josh Allen (DE) et CJ Henderson (CB) sont encore un peu jeunes et ont encore du boulot pour s’imposer comme des stars. Myles Jack pourrait une nouvelle fois se sentir un peu seul au milieu de ce marasme cette saison.

Facteur(s) X

À 56 ans, Urban Meyer va découvrir un nouveau monde : celui des pros. L’entraîneur ne manque pas d’expérience avec pas moins de vingt années à occuper un poste de coach principal dans les rangs universitaires (187 victoires -32 défaites). Une carrière ponctuée de trois titres en College Football (avec Florida en 2006 et 2008 ainsi qu’avec Ohio State en 2014) qui faisaient de lui l’une des principales attractions dans ce carrousel des changements de coach. Mais comment va-t-il réagir à l’échelon supérieur ? La transition n’est pas toujours des plus simples, à l’image de Matt Rhule l’an dernier, qui a vécu une saison en dent de scie pour sa première dans la ligue.

Depuis 2000, 11 entraîneurs ont quitté une université pour prendre leur premier poste d’entraîneur principal en NFL. Parmi eux, seuls trois ont un bilan positif (Bill O’Brien, Chip Kelly et Jim Harbaugh), sachant que Kliff Kingsbury et Matt Rhule peuvent encore espérer passer au-dessus des 50 %. Preuve qu’avoir du succès le samedi ne garantit pas des succès le dimanche. Urban Meyer va donc devoir s’adapter. Il pourra s’appuyer sur des assistants d’expériences avec par exemple Darrell Bevell et Joe Cullen aux postes de coordinateurs. Reste désormais à savoir comment tout ce staff va réussir à travailler.

Le joueur à suivre : Trevor Lawrence

Comment ne pas mettre le premier choix de la dernière draft dans cette catégorie ? Il sera, par définition, un joueur à suivre. Lui aussi arrive des rangs universitaires où il a impressionné tout le monde. Un titre et une finale du championnat plus tard, le voilà à la tête d’une attaque NFL. De nombreux observateurs parlent de Lawrence comme d’un talent générationnel, capable de changer le futur d’une franchise sur la prochaine décennie. Certains osent même parler de lui comme du meilleur lanceur depuis Andrew Luck.

Sauf que tant qu’il n’a pas performé en NFL, il restera des sceptiques. Et c’est bien normal. Charge à lui désormais de faire l’étalage de ses qualités pour faire avancer cette attaque des Jaguars en grandes difficultés l’an dernier (19,1 points/match, 30e de la ligue). Les supporters et les dirigeants ne lui demanderont pas d’être MVP dès sa première année, mais il faudra au moins qu’il prouve qu’il peut être la pierre angulaire de la franchise. Pour cela, il pourra s’inspirer de ce qu’a fait Joe Burrow l’an dernier.

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En résumé

Après une année 2020 à oublier, la saison qui approche est pleine de promesses en Floride. Il ne faudra pas trop en attendre des Jaguars, mais la franchise semble aller dans la bonne direction.

La tâche sera grande pour Urban Meyer et Trevor Lawrence, mais les deux hommes ont les qualités pour faire évoluer cette franchise. À eux de le prouver désormais.

Le pronostic :  5 victoires – 12 défaites

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