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[Preview 2022] Green Bay Packers : un changement de régime pour monter dans les tours ?

Priorité à la course, une défense renforcée, et si Green Bay avait trouvé la clé du succès ?

La saison 2022 approche alors la rédaction de TDActu vous propose de faire le point sur les forces et faiblesses des 32 franchises. Vous pouvez retrouver toutes les présentations en cliquant sur ce lien.

L’histoire se répète. Pour la 3e année consécutive, les Packers ont remporté 13 matchs en saison régulière et ont été l’une des têtes de série en NFC exemptées de Wild Card. Pour la 3e année consécutive, ils ont fait une sortie de route précoce, cette fois lors du divisional round face aux 49ers. L’attaque a pataugé, les équipes spéciales ont été affreuses et personne ne savait à ce moment-là s’il s’agissait du dernier match d’Aaron Rodgers avec son équipe de toujours.

Mais pas de drames à répétition durant l’intersaison. Juste un coup de tonnerre, avec le départ de Davante Adams pour les Raiders. L’effectif a bien été retouché, mais le double MVP en titre fait partie de l’équipe, et la défense s’est renforcée. La finalité en revanche, n’a pas changé et le Super Bowl reste l’objectif à atteindre pour les Cheeseheads.

La saison dernière : 13 victoires – 4 défaites, 1er en NFC, éliminés en Divisional Round par les 49ers

Les mouvements à l’intersaison

Arrivées notables : Sammy Watkins (WR), Jarran Reed (DT), Pat O’Donnell (P), Dallin Leavitt (S)
Re-signatures : Aaron Rodgers (QB), De’Vondre Campbell (LB), Rasul Douglas (CB), Preston Smith (EDGE), Allen Lazard (WR), Robert Tonyan (TE), Jaire Alexander (CB), Yosh Nijman (OT), Kris Barnes (LB)
Draft : Quay Walker (LB), Devonte Wyatt (DT), Christian Watson (WR), Sean Rhyan (OT), Zach Tom (OT), Romeo Doubs (WR), Kingsley Enagbare (EDGE), Tariq Carpenter (LB), Jonathan Ford (DT), Rasheed Walker (OT), Samori Toure (WR)
Pertes notables : Davante Adams (WR), Marquez Valdez-Scantling (WR), Za’Darius Smith (EDGE), Billy Turner (OG/OT), Lucas Patrick (OL), Whitney Mercilus (EDGE), Dominique Dafney (TE), Chandon Sullivan (CB), Corey Bojorquez (P), Dennis Kelly (RT), Equanimeous St.Brown (WR), Kevin King (CB), Tyler Lancaster (DT), Oren Burks (LB)

Face à la faible marge de manouvre laissée par le salary cap et le nombre important de joueurs en fin de contrat, la feuille de route du manager général était claire : renégocier à tour de bras et couper les éléments les plus onéreux afin de rentrer dans les clous, puis prolonger les éléments importants de la saison passée pour conserver une ossature solide sur laquelle s’appuyer. Tous n’ont pu être gardé et non des moindres. Les receveurs Davante Adams (Raiders) et Marquez Valdez-Scantling (Chiefs) sont partis chercher fortune en AFC Ouest, pendant que Za’Darius Smith a posé ses bagages chez le rival Minnesota. Moins flashy mais tout aussi important, Billy Turner et Lucas Patrick ont aussi fait les frais de cette politique.

Pour compenser, il n’y a eu que très peu d’arrivées extérieures et pour des montants dérisoires. La priorité a été donnée à la défense. Brian Gutekunst a utilisé ses deux choix de premier tour de ce côté de la balle (le tackle défensif Devonte Wyatt et le linebacker Quay Walker), a re-signé deux agents libres clés (le linebacker De’Vondre Campbell et le cornerback Rasul Douglas) et a fait appel à un agent libre pour renforcer la ligne défensive (Jarran Reed). L’escouade de receveur et la ligne offensive ont été essentiellement remplumées par le biais de la draft.

Le(s) point(s) fort(s)

Pour la première année de Joe Barry en tant que coordinateur, la défense a terminé la saison 2021 à la 9e place, soit le même classement que l’année précédente sous Mike Pettine. Toutefois, le niveau affiché était bien meilleur et 2022 pourrait l’être encore plus si l’on en croit les ajouts faits pendant l’intersaison.

Sur la ligne, Kenny Clark ne cesse de s’améliorer et Dean Lowry a connu l’une de ses meilleures campagne l’an dernier. En plus de l’apport de T.J Slaton, les ajouts de l’explosif rookie Devonte Wyatt et du vétéran Jarran Reed devraient aider contre le jeu au sol. Dans ce secteur, Green Bay a terminé juste en dehors du top 10 (11e), mais a concédé 4,7 yards par course la saison dernière (3e taux le plus élevé de la ligue). Sur le second rideau, la paire Quay Walker-De’Vondre Campbell est robuste, rapide, puissante, et chacun la e potentiel pour être présent sur 3 tentatives. À l’extérieur, Rashan Gary est devenu le véritable pass rusher numéro 1 de l’équipe. Il forme un duo complémentaire avec Preston Smith, qui a suffisamment bien joué pour remporter l’autre strapontin disponible avec une nouveau contrat à la clé. Sur le dernier rideau, Adrian Amos et Darnell Savage sont partis pour former la paire de safeties pour la 4e année consécutive. La plus grande addition reste le retour de blessure de Jaire Alexander sur le poste de cornerback. Avec Eric Stokes et Rasul Douglas également présent, le « problème » reste désormais de savoir où les aligner. L’un d’entre eux devra se déplacer dans le slot. Douglas a été le premier à occuper le poste de nickel pendant les entraînements d’intersaison, mais Alexander semble également apte à le faire.

La réussite de Green Bay a reposé sur les épaules d’Aaron Rodgers depuis de nombreuses années. 2022 ne fera pas exception à la règle, bien au contraire. Il est la clé incontestée de cette attaque. Avec le vaste changement opéré chez les receveurs, il va avoir l’occasion de façonner ses cibles, comme cela s’est déjà produit par le passé avec Jordy Nelson, Randall Cobb et Davante Adams. Il faudra un certain temps pour développer l’alchimie et la confiance avec les nouvelles têtes, mais tant qu’il est sur le terrain, le jeu de passe continuera à faire peur aux adversaires.

Si la production aérienne venait à ne plus être aussi importante, elle pourrait être plus efficace. Le quarterback dispose d’un solide duo de running backs, capable de garder les défenses en alerte aussi bien au sol que dans les airs. Aaron Jones et A.J. Dillon ont gagné 35,9 % des yards de l’équipe l’an dernier à eux deux, soit à peu près la même part (36,7) que le leader de la ligue, Jonathan Taylor. Si Jones est connu pour être un joueur polyvalent, et Dillon plus physique, les deux sont des joueurs d’impact dans le système de Matt LaFleur. Avec un volume de jeu qui s’annonce plus important, ce sont désormais eux qui détiennent une grande part du succès offensif.

Le(s) point(s) faible(s)

Quand une équipe gagne 13 matchs et qu’elle se retrouve tête de série numéro 1 en NFC, elle doit en apparence ne pas avoir beaucoup de points faibles. Et pourtant. La défense est montée en régime au fil des semaines, mais une grande part de son succès a été compromis lorsqu’elle a rencontré des équipes capables de dominer la ligne de scrimmage grâce au jeu de course. En playoffs, les 49ers ont appuyé sur ce point suffisamment pour s’en sortir malgré 131 petits yards dans les airs. C’est alors que le défaut majeur de l’équipe a fait surface au plus mauvais moment : les équipes spéciales. L’unité s’est classée dernière ou avant-dernière lors de 4 des 6 dernières années selon Pro Football Focus. Surtout, elle a offert l’action qui a mis fin à leur saison avec un punt bloqué retourné pour un touchdown. Niveau coup de pied de précision, là aussi, les fans de Green Bay devaient retenir leur souffle à chaque tentative de Mason Crosby. À 38 ans, le kicker sort d’une saison calamiteuse, affichant le 2e plus faible taux de réussite sur field goals de sa carrière (73,5%). Pour tenter de redresser la barre, l’ancien entraîneur en chef intérimaire des Raiders et référence en la matière, Rich Bisaccia, a été embauché. Même si Rome ne s’est pas faite en un jour, il a apporté une nouvelle intensité durant la préparation. C’est peut-être ce dont cette équipe a besoin après tant d’années de galère.

Sur un plan comptable et un bilan ronflant, Matt LaFleur ne peut pas être considéré comme un véritable point faible. Cependant, sa capacité d’adaptation lorsque le match ne tourne pas en sa faveur ou si son plan de jeu initial ne fonctionne pas interpelle. Il n’a certes que peu d’ancienneté dans la fonction de numéro 1, mais il n’a jamais semblé en mesure de prendre les bonnes décisions pour inverser une tendance et éviter une défaite. Un peu dans le même ordre d’idée, ses schémas offensifs ont manqué d’originalité et d’inspiration l’an dernier. À voir si cela était due aux nombreuses absences ou les prémices d’un nouveau système voulu, avec une attention apportée au jeu de course.

Sur les groupes de positions, le manque de profondeur sur les postes de pass rushers et defensive backs peut finir par peser sur le rendement de la défense. Rashan Gary et Preston Smith ont chacun joué environ 68% des snaps défensifs en 2021, ce qui laisse du temps de jeu pour les autres. Mais il semble y avoir un vrai écart de niveau avec le reste du groupe, même si la seule addition significative (Kingsley Enagbare,5e tour de draft) a montré de belles promesses cet été. Sur le dernier rideau, les Packers ont 5 titulaires établis mais très peu de valeurs sûres derrière eux. Et les matchs de présaison n’ont pas vraiment rassuré quant au niveau des remplaçants.

Le manque d’expérience sur la ligne offensive interpelle pour une équipe qui vise plus qu’une simple qualification en playoffs. Les seuls cadres dans ce secteur – Bakhtiari (LT) et Elgton Jenkins (LG/RT) – reviennent de blessures et rien n’indique s’ils seront opérationnels dès le 11 septembre. Après eux, seuls Yosh Nijman (OT) et Jon Runyan (OG) ont plus de 2 ans de vécu dans les jambes. Enfin chez les tight ends, l’incertitude demeure. Robert Tonyan sera le titulaire dès qu’il sera remis de sa blessure au genou, mais reste à connaitre la date de son retour. Josiah Deguara ou le vétéran Marcedes Lewis (38 ans) peuvent le suppléer, mais sont plus à l’aise pour ouvrir des brèches que pour avoir un réel impact dans la production aérienne.

Facteur X : la production aérienne

Personne qui a une grande valeur ou qui vaut beaucoup d’argent, la double signification du terme « valuable » dans MVP colle parfaitement à la description d’Aaron Rodgers. Elle sera mise à l’épreuve en 2022 avec la perte de Davante Adams. Sa production est désormais un gros trou à combler. Le receveur représentait 24,2% des yards gagnés, 25,0% des touchdowns en 2021, et il a été ciblé sur 31% de ses tracés au cours des 4 dernières saisons (taux le plus élevé pour un receveur selon ESPN Stats & Information Research). Certes, Green Bay a gagné les 7 matchs que son ancien joueur All-Pro a manqué depuis 2019, mais cela ne signifie pas qu’ils sont meilleurs – ou au même niveau – dans ce secteur. Ils ont également perdu leur menace profonde Marquez Valdes-Scantling, parti pour un plus gros salaire à Kansas City.

À l’orée de la nouvelle campagne, deux des trois receveurs les plus ciblés la saison dernière ne font plus partie de l’effectif, et il y a de nombreuses interrogations concernant les autres membres du groupe. Allen Lazard est-il prêt à faire le saut en tant que numéro 1 ? Sammy Watkins, le nouveau venu de l’intersaison, a-t-il encore quelque chose à offrir ? Randall Cobb, l’un des favoris d’Aaron Rodgers, peut-il rester en bonne santé et deviendra-t-il l’option n°2 ? Amari Rodgers pourra-t-il mettre derrière lui sa mauvaise année rookie ? L’un des trois choix de la draft (Christian Watson, Romeo Doubs et Samori Toure) sera-t-il capable d’avoir un impact immédiat ? Le tight end Robert Tonyan va-t-il revenir à son niveau d’avant blessure ?

Le vide créé par le départ d’Adams va ouvrir des opportunités. Probable numéro 1, Allen Lazard est le plus susceptible de voir sa production augmentée et, s’il reste en bonne santé, il ne devrait avoir aucun mal à dépasser ses records en carrière de yards gagnés (513 yards) et de touchdowns (8) établis l’an dernier. Derrière, il y a beaucoup moins de certitudes. Watson est l’option la plus intrigante, mais le produit de North Dakota State ne s’est pas vraiment distingué durant la préparation, gêné par une blessure. S’il parvient à gagner la confiance de son quarterback, il pourrait parvenir à tirer son épingle du jeu grâce à des compétences beaucoup plus attrayantes que celles de ses homologues.

Watkins convient bien à ce que Matt LaFleur aime exécuter schématiquement. Il peut gagner des yards après réception, il sait utiliser son corps pour prendre le meilleur sur les defensive backs et peut être une menace en zone rouge. Mais c’est surtout pour sa capacité à ouvrir des brèches au sol qu’il a été choisi. Parmi les receveurs ayant eu au moins 500 opportunités, il a reçu la meilleure note (85,7) par Pro Football Focus dans cet exercice entre 2019 et 2021. Un atout non négligeable surtout si l’on considère que les Packers devraient largement s’orienter vers ce style de jeu. Tonyan et Cobb ont connu des saisons productives en termes de touchdowns inscrits par le passé et ont potentiellement les cartes en main pour reproduire ce scénario. La belle histoire pourrait être celle de Romeo Doubs. Très discret en dehors du terrain, le rookie sélectionné au 4e tour a montré de très belles choses durant la préparation. Des prestations à confirmer en compétition officielle, mais qui ne sont pas passées inaperçus aux yeux du coaching staff et de Rodgers lui-même.

Alors que l’on s’achemine vers un changement de mentalité, avec une attaque orientée en priorité vers le jeu au sol, la réussite offensive de Green Bay passera aussi par des receveurs productifs. Des individualités doivent émerger pour tirer toute l’escouade vers le haut, surtout avec Aaron Rodgers aux commandes, capable d’améliorer n’importe quel joueur.

Les joueurs à suivre : David Bakhtiari (LT) et Elgton Jenkins (LG/RT)

Remarquable en 2020, la ligne offensive a connu un exercice 2021 compliqué avec des blessures à répétition, un turnover permanent, et des jeunes pousses lancées dans le grand bain rapidement. Pour cette nouvelle saison, cette escouade aura une importance primordiale. Problèmes, les deux piliers du groupe que sont David Bakhtiari et Elgton Jenkins reviennent tous deux de graves blessures.

Victime d’une déchirure du ligament croisé antérieur le 31 décembre 2020, Bakhtiari n’a fait qu’une courte apparition (27 snaps) en dernière semaine de saison régulière. Plus d’un an après, le garde du corps attitré d’Aaron Rodgers est encore gêné et a subi une autre intervention pendant l’intersaison. Il n’a repris que tardivement le travail à 100% et rien n’indique qu’il sera prêt en semaine 1. Jenkins est un peu dans le même cas de figure. Le probable futur tackle droit de cette ligne a connu la même blessure que son ainé le 21 novembre dernier, et bien que son rétablissement ne soit pas aussi long, il est possible qu’il ne soit pas non plus disponible pour le début de la campagne 2022. Les Packers n’ont pas indiqué de date de retour. Brian Gutekunst se veut rassurant, mais a déjà indiqué qu’il ne souhaite pas précipiter les choses. Ce qui pourrait permettre à Yosh Nijman, auteur de sorties très prometteuses l’an dernier, de finir son éclosion pour prétendre à l’une des deux places sur les extérieurs.

L’incertitude de voir les deux Pro Bowlers sur la pelouse fait de cette ligne un point d’interrogation, surtout vu la jeunesse des autres protagonistes. Pourtant, leur présence – ou absence – déterminera le véritable niveau de cette attaque.

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En résumé

Green Bay a peut-être retenu quelque chose de ses échecs : l’équipe ne peut plus uniquement compter que sur Aaron Rodgers pour l’emporter. La combinaison attaque puissante au sol/défense forte semble être une bien meilleure formule pour aborder janvier, surtout que la météo dans le Wisconsin favorise ce genre de football.

D’une certaine manière, ils pourraient suivre l’exemple de nombreuses équipes qui ont basé leur système offensif sur la course et qui disposaient d’un quarterback solide capable de sortir un gros jeu au moment opportun. Et si la défense est aussi bonne qu’annoncée, les Packers pourront alors prétendre à plus qu’un simple titre de division.

Le pronostic : 11 victoires, 6 défaites – 1er en NFC Nord

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