France Autriche Football americain

[Preview 2021] Las Vegas Raiders : c’est Vegas bébé

Une équipe en progression et un stade magnifique mais une division difficile et beaucoup (trop) de jeunesse dans l'effectif.

Comme tous les ans, Touchdown Actu vous propose ses traditionnelles fiches d’avant-saison. Vous pouvez toutes les retrouver en cliquant sur ce lien.

Depuis que Jon Gruden a pris les rênes des Raiders, l’équipe est en progression constante : 4-12 en 2018, 7-9 en 2019 et 8-8 en 2020. Il convient désormais d’avoir un bilan positif et d’aller en playoffs.

Pour ce faire, les deux cotés du ballon se doivent d’être plus équilibrés. Si l’attaque a été la 7e a produire le plus de yards en 2020 (10e en points inscrits), la défense était la 25e en yards concédés (30e en points encaissés). Peu importe que le plan de jeu soit innovant ou « à l’ancienne » (qui innove vraiment ?), seul importe le bilan comptable des victoires et défaites, comme le dit la devise de la franchise : Just Win Baby.

La saison dernière : 8-8, 2e en AFC Ouest, pas de playoffs

Les mouvements à l’intersaison

Que de changements lors de cette intersaison. Les Raiders ont signé des joueurs d’expérience pour leur si déficiente défense. Expérience et impact : Yannick Ngakoue (46 sacks et 100 QB Hits en 5 saisons NFL) et Casey Hayward (100 passes défendues dont 23 interceptions). L’intérieur de la ligne défensive étant un point faible, le manager Mike Mayock a alors tenté les paris Solomon Thomas et Gerald McCoy ainsi que la signature du régulier Quinton Jefferson (10 sacks ses 3 dernières saisons). Signature tout aussi importante, celle au poste de coordinateur défensif. Si Jon Gruden s’occupe de l’attaque, ce dernier a besoin d’un homme fort pour diriger la défense. Beaucoup de défenseurs sont très jeunes dans cette équipe, alors le savoir faire de Gus Bradley sera précieux. Bien que chaque coordinateur défensif utilise plusieurs schémas, pour donner des repères aux joueurs, un système sert toujours de base aux diverses variations. À Las Vegas, la base sera une « Cover-3 » (plus d’explication sur ce système ici).

La ligne offensive, le point fort de l’équipe, a été démantelée avec les départs de Rodney Hudson, Gabe Jackson et Trent Brown. Le quarterback Derek Carr va devoir s’adapter, avec trois nouveaux joueurs sur cinq pour le protéger. Ce dernier sort de sa meilleure saison en terme de yards lancés et de yards par tentative de passe. L’adaptation la plus difficile sera forcément avec le poste de centre car Rodney Hudson est un des meilleurs en NFL. Le centre qui bien entendu se doit d’avoir une relation privilégiée avec le quarterback. La volonté de départ de Rodney Hudson est un coup dur pour Derek Carr.

Le poste le plus impactant sur la ligne offensive reste néanmoins celui de tackle gauche et là, Kolton Miller est en constante progression. De l’autre coté, si Trent Brown est un bon joueur, il avait beaucoup de mal à rester en bonne santé. Alex Leatherwood ne sera qu’un rookie en 2021, laissant présager quelques erreurs, mais il est un joueur « confirmé » : recrue 5 étoiles à sa sortie du lycée (1er tackle et 4e joueur national en 2017), il a disputé 48 matchs avec la meilleure université du pays, celle d’Alabama. 41 fois titulaire consécutivement, il a joué trois finales universitaires (2 victoires), donc au plus haut niveau possible. Aucun sack concédé en 2019 (comme tackle droit) et 3 en 2020 en tant que tackle gauche. Des deux cotés, Derek Carr devrait être bien protégé. De plus, Alex Leatherwood est compétent pour le jeu au sol.

Ses qualités athlétiques sont parfaites pour le système de zone, le plus souvent utilisé par les Raiders : les 5 joueurs de la ligne offensive ne surveillent pas un défenseur mais s’occupent tous d’une zone, et bougent comme les cinq doigts de la main vers un coté. Un exemple ci-dessous.

Arrivées notables : Yannick Ngakoue (DE/Ravens), Casey Hayward (CB/Chargers), Kenyan Drake (RB/Cardinals), Quinton Jefferson (DT/Bills), Solomon Thomas (DL/49ers), Nick Martin (OC/Texans), Gerald McCoy (DT), Denzel Perryman (LB/Panthers)

Re-signatures : Richie Incognito (OG), Andre James (OC), Daniel Carlson (K)

Draft : Alex Leatherwood (OT), Trevon Moehrig (S), Divine Deablo (LB), Malcolm Koonce (Edge), Tyree Gillespie (S), Nate Hobbs (CB), Jimmy Morrissey (OC).

Pertes notables : Rodney Hudson (OC/Cardinals), Trent Brown (OT/Patriots), Gabe Jackson (OG/Seahawks), Nelson Agholor (WR/Patriots)

Le(s) point(s) fort(s)

Avec 4217 yards gagnés dans les airs, les Raiders ont produit en 2020 la 7e performance NFL de cette catégorie. Le super tight-end Darren Waller (1196 yards et 9 TDs) sera une nouvelle fois la cible aérienne principale de Derek Carr. Il sera épaulé par les deuxièmes saisons des complémentaires Henry Ruggs et Bryan Edwards. Pour les aider, Mike Mayock a fait venir le dynamique et polyvalent Willie Snead ainsi que le rapide John Brown. Avec le très fiable Hunter Renfrow et le costaud Zay Jones, l’escouade de receveurs (et de tight-ends) offre tous les profils possibles. Et ce, sans compter sur l’apport des coureurs dans le jeu de passe.

Josh Jacobs a capté 33 ballons en 2020 (25 pour Kenyan Drake avec Arizona) mais c’est bien entendu sa capacité à faire avancer les chaines en portant le cuir qui sera une nouvelle fois décisive en 2021. Pour l’instant, le joueur formé à l’université de Alabama a joué deux saisons en NFL et deux fois il a dépassé les 1000 yards au sol. Avec un entraineur valorisant le temps de possession depuis trois saisons (3 fois sur 3, l’attaque a joué davantage que la défense), Josh Jacobs aura à nouveau un rôle central dans l’attaque des Raiders. Il bénéficiera encore de la présence devant lui du super fullback Alec Ingold. La plus grande question est de voir l’impact sur son jeu du remaniement de la ligne offensive.

Derek Carr a effectué en 2020 une saison à 27 touchdowns pour seulement 9 interceptions. Il a obtenu la troisième évaluation parmi les quarterbacks NFL quand ils doivent lancer sous pression, et avec sa moyenne de yards par passe complétée la plus élevée de sa carrière (11,8). L’attaque des Raiders, aérienne et au sol, est le point fort de l’équipe.

Une autre position est occupé de main de maitre mais celle-ci n’est remarquée que quand le joueur est mauvais. Pourtant, avoir un kicker fiable n’est pas le lot de toutes les franchises NFL et Daniel Carlson est un des meilleurs. En 2020, il a réussi 33 field goals sur 35 tentés, dont un 4 sur 4 à plus de 50 yards. Il a également réussi 45 transformations après un touchdown (sur 47 tentées). Il a pesé pour beaucoup dans le bilan comptable de l’équipe puisque les Raiders ont marqué 48 touchdowns (passe+course), soit 288 points (48×6). Avec ses field goals et extra points, Daniel Carlson en a rapporté 144 ! On peut donc considérer qu’il a contribué pour un tiers des points de son équipe en 2020.

Le(s) point(s) faible(s)

La défense dans son ensemble est le point faible de l’équipe. Seulement 21 sacks et 10 interceptions en 2020. Pour espérer aller en playoffs, il faudra faire beaucoup, beaucoup mieux. Sur le dernier rideau, Johnathan Abram sera en bonne santé et Damon Arnette aura une saison d’expérience précieuse dans les jambes. Les arrières défensifs sont talentueux, notamment le cornerback Trayvon Mullen (10 passes défendues en 2019, 14 en 2020) mais dans l’ensemble, ils sont jeunes et encore loin des meilleurs. Le rookie Trevon Moehrig impressionne lors du camp alors que Nate Hobbs et Tyree Gillespie montrent beaucoup de qualités lors des matchs de présaison. Mais avant la saison, les voyants sont souvent au vert, seules comptent les performances en matchs officiels.

Les deux autres rideaux n’offrent guère plus de certitudes, même s’il y a des joueurs de talent comme Maxx Crosby, Corey Littleton ou Yannick Ngakoue. Si les Broncos se cherchent encore, la division propose deux attaques de feu avec les Chiefs de Patrick Mahomes et les Chargers de Justin Herbert. La défense des Raiders se doit de hausser son niveau pour que l’équipe puisse exister en AFC Ouest.

Pour améliorer cette défense, Jon Gruden compte beaucoup sur le savoir-faire de Gus Bradley.

Facteur X : Gus Bradley

Un changement de philosophie défensive se met en place à Las Vegas. Gus Bradley et l’incorporation d’un schéma dit « Cover 3 ». Cette façon de défendre a notamment été efficace avec les Seahawks et leur « Legion of Boom », une escouade conduite par…Gus Bradley, de 2009 à 2012. Pour que cela fonctionne, il faut des cornerbacks capables de remporter leurs duels sans recevoir d’aide, cela explique la signature du très expérimenté Casey Hayward. Avec ce nouveau schéma, la grosse signature 2020, le linebacker Corey Littleton et ses capacités en couverture, devrait pleinement s’épanouir. Toujours au poste de linebacker, Nicholas Morrow a fait une très bonne saison en 2020 : 78 plaquages dont 8 pour pertes ! Et 9 passes défendues, soit le 2e meilleur résultat de tous les linebackers NFL (KJ Wright/Seahawks premier avec 10). Malheureusement, une blessure au pied lors des entrainements communs avec les Rams va le priver du début de saison. Pour cette raison, les Raiders ont signé Denzel Perryman. Ce dernier a l’avantage de bien connaitre Gus Bradley qui l’a entrainé pendant 4 saisons avec les Chargers de Los Angeles. Denzel Perryman connait donc bien le système en « Cover-3 » employé par le coordinateur défensif et comment l’appliquer sur le terrain.

Cette philosophie défensive est importante pour aussi comprendre certains choix de draft, comme celui du free safety Trevon Moehrig et sa capacité de couverture : le safety en position dite « Single High » est le joueur chargé de défendre la profondeur dans l’axe du terrain dans le système Cover 3. Aussi, celle du safety/linebacker Divine Deablo, qui utilisera sa polyvalence sur le second rideau.

Après la sélection de Trevon Moehrig au 2e tour puis celle de Divine Deablo au 3e, certains ont ironisé sur le fait que le manager Mike Mayock ait, encore, choisi un safety au 4e tour. La polyvalence du joueur avait séduit le staff et là aussi, ce choix de draft est à mettre en relation avec le système voulu : compétent pour couvrir les tight-ends comme pour stopper les coureurs, Tyree Gillespie devrait, dès sa saison rookie, être un élément important de la rotation défensive.

« Il n’y a pas d’autres safety dans cette cuvée qui peut se vanter d’avoir défendu une passe sur DeVonta Smith, d’avoir stoppé plusieurs courses de Najee Harris, d’avoir plaqué un Jaylen Waddle dans sa course après réception et d’avoir si bien contrôlé Kyle Pitts. Personne à part Tyree Gillespie. », disait l’analyste Brett Kollmann en février 2020 à propos de Tyree Gillespie (analyse disponible sur sa chaine youtube, à partir de 3,55 minutes)

Tout semble donc cohérent, surtout dans une division aux attaques très aériennes (Chiefs 3e et Chargers 5e en tentatives à la passe en 2020). À priori, Gus Bradley n’est pas un magicien mais, il lui sera, de toute façon, difficile de faire pire que la défense des Raiders en 2020.

Les joueurs à suivre : Henry Ruggs et Johnathan Abram

Inspiré par des Chiefs dominant la divison, les Raiders voulaient plus de vitesse en attaque. Alors Mike Mayock a sélectionné le receveur Henry Ruggs en 2020. Si ses 452 yards et 2 touchdowns n’ont pas été éblouissants, sa présence a permis de modifier l’attaque : de 28e NFL en passes profondes en 2019, à la 9e place dans cette catégorie en 2020 ! Sa seconde saison, et avec une préparation avant celle-ci, devrait lui permettre de peser davantage sur le tableau d’affichage. Peser ? Lors de l’intersaison, Henry Ruggs a gagné 6 kilos de muscles avec un travail intensif dans une structure privé de l’Alabama.

« Ma force physique est un domaine dans lequel je me devais de travailler. Alors c’est ce que j’ai fais en repoussant mes limites, pour pouvoir jouer contre ces hommes aguerris qui jouent en NFL. », disait Henry Ruggs à raiders.com

La venue de Gus Bradley va permettre d’optimiser les qualités de l’ancien 1e tour de draft Johnathan Abram, qui trouvera un rôle dans la zone intermédiaire du terrain (dit « box ou strong safety ») qui va bien mieux à ses qualités de vitesse et de plaquages. Pour sa première véritable saison en 2020 (1 match joué en 2019 avant une blessure), ses 86 plaquages et 2 interceptions ont aidé l’équipe mais sans rôle prédéfini, le joueur semblait quelque peu perdu avec les schémas de Paul Guenther. Avec Gus Bradley, son assignation est simplifiée et le joueur s’en félicite.

« Je vais retrouver un rôle de strong safety dans la boite et cela me convient. L’an passé, je devais parfois couvrir en profondeur, parfois jouer écarté. Et c’était à moi de décider sur chaque jeu. Là je sais où je dois aller et ce schéma correspond mieux à mes qualités. », disait Jo « Salmon » Abram à Raiders Wire

Calendrier

Ravens – @Steelers – Dolphins – @Chargers – Bears – @Broncos – Eagles – Bye – @Giants – Chiefs – Bengals – @Cowboys – Washington – @Chiefs – @Browns – Broncos – @Colts – Chargers

La preview du Podcast

En résumé

La défense, point faible de l’équipe en 2020, semble meilleure mais le rajeunissement de la ligne offensive ainsi qu’un calendrier très difficile (attention au départ) rendent minces les chances d’accéder aux playoffs. Pourtant avec sept équipes AFC qualifiées, l’espoir est permis. Tout pourrait se jouer lors de la dernière semaine de compétition, avec la réception des Chargers de Los Angeles. Les choix de l’intersaison semblent cohérents, il faudra le confirmer sur le terrain. Malgré des limites, les Raiders forment une bande organisée et ils espèrent que personne ne pourra les canaliser.

Le pronostic : 9-8, 3e en AFC Ouest, pas de playoffs

Partagez cet article sur : Twitter Facebook
Afficher les commentaires