[Preview 2021] New York Jets, verts comme l’espoir

Ce sera sans doute une saison de transition pour les Jets mais les motifs d'espoir existent.

Comme tous les ans, Touchdown Actu vous propose ses traditionnelles fiches d’avant-saison. Vous pouvez toutes les retrouver en cliquant sur ce lien.

Les verts de New York restent sur cinq saisons avec des bilans négatifs, dont la saison 2020 avec seulement deux victoires. Pouvant difficilement faire pire, les fans espèrent beaucoup non seulement des nouveaux arrivants mais aussi des départs, et surtout de celui de l’entraineur Adam Gase.

Avec un technicien obtenant son premier poste d’entraineur principal et un quarterback rookie, la saison 2021 ne s’annonce pas simple. Pourtant, il y a du talent dans l’effectif.

La saison dernière : 2-14, 4e de l’AFC Est

Les mouvements à l’intersaison

Si la Draft 2021 a essentiellement été offensive (leurs 4 premiers choix), le marché a surtout renforcé la défense et ce, sur les trois rideaux. Pas étonnant avec un entraineur principal venant du coté défensif du ballon. Le schéma de base change avec un passage en 43, alignement habituel pour Robert Saleh, ainsi que pour le nouveau coordinateur défensif Jeff Ulbrich. Leur première mission commune sera d’inculquer davantage de discipline aux joueurs. En 2020, les Jets ont été l’équipe la plus pénalisée en « brutalité sur le quarterback » avec l’énorme total de 14, alors que la moyenne NFL était de 4.

Celle contre la course était correcte en 2020, mais contre la passe les Jets ont énormément souffert. En 2021, il devrait y avoir plus de pression par la ligne défensive avec Carl Lawson à l’extérieur et Sheldon Rankins plus à l’intérieur. Deux recrues de choix. La couverture semble toujours manquer d’un cornerback d’envergure, mais les apports de Lamarcus Joyner au poste de safety et l’espoir d’un développement rapide des rookies pourraient aider à une progression. Si le joueur n’a pas (encore) confirmé tous les espoirs suscités lors de sa draft au 1e tour (21e en 2017), Jarrad Davis a effectué en 2020 sa meilleure saison en terme de couverture (pas encore top néanmoins). Il est surtout un linebacker agressif sachant mettre la pression (10,5 sacks en 55 matchs) et arracher des ballons : avec 7 fumbles forcés sur 305 plaquages, 2,3% de ses stops se termine avec un fumble, soit le 3e meilleur total NFL 2017-2020, derrière les seuls  Lavonte David et Jamie Collins. Cet ancien de Detroit devra cependant moins rater de plaquages. Jeff Ulbrich en a signé 500 avec les 49ers (2000-2008), il peut donc lui enseigner une chose ou deux sur le sujet.

Mais c’est bien de l’autre coté du ballon qu’a eu lieu le plus grand changement : bye bye mister Adam Gase. Son piètre bilan de 9-23 en deux saisons, son regard terrifiant en conférence de presse et son plan de jeu qui a ennuyé les supporters au plus au point.

Au-revoir aussi Sam Darnold au poste le plus important. Après trois saisons et un ratio médiocre de 45 touchdowns et 39 interceptions, un changement semblait nécessaire pour les deux parties. Fort du second choix général de la draft 2021, les Jets misent désormais leur futur et leur présent sur Zach Wilson. Il est bien entendu l’attraction principale à l’orée de la saison 2021. Il arrive pourtant de loin. En mars 2020, un article du Salt Lake Tribune titrait en une : « Zach Wilson est le quarterback titulaire de BYU mais il va devoir se battre pour conserver son poste » ! Il faut dire qu’il sortait d’une saison 2019 avec 11 touchdowns lancés pour 9 interceptions. En 2020, il a crevé l’écran : seulement 3 interceptions en 12 matchs et 33 touchdowns à la passe, plus 10 touchdowns en portant le cuir ! Joueur au style spectaculaire, il va devoir se montrer régulier face à une opposition bien supérieure à ce qu’il a connu avec l’université de BYU (fac Mormone de l’Utah).

Pour mettre le nouveau venu dans les meilleures conditions, la direction sportive a amélioré la ligne offensive et les cibles. Les arrivées de Corey Davis et d’Elijah Moore offrent des solutions alors que le rookie Alijah Vera-Tucker et l’expérimenté Morgan Moses viennent renforcer la protection et les blocs pour le jeu au sol. Faire briller Zach Wilson, ou tout au moins ne pas lui faire vivre une saison rookie douloureuse, sera la mission de Mike LaFleur le coordinateur offensif, lui qui était à San Francisco avec Robert Saleh.

Le bilan comptable des arrivées et départs, sur le papier, propose un effectif 2021 supérieur à celui de 2020, sans contestation possible. Mais, cela sera t’il suffisant ?

Arrivées notables : Corey Davis (WR/Titans), Carl Lawson (DE/Bengals), Sheldon Rankins (DT/Saints), Vinny Curry (DE/Eagles), Tevin Coleman (RB/49ers), Jarrad Davis (LB/Lions), Lamarcus Joyner (S/Raiders), Morgan Moses (OT/WFT), Justin Hardee (Gunner sur équipe spéciale/Saints).
Draft : Zach Wilson (QB), Alijah Vera-Tucker (OL), Elijah Moore (WR), Michael Carter (RB), Jamien Sherwood (S/LB), Michael Carter II (CB/S), Jason Pinnock (CB), Hamsah Nasirildeen (LB), Brandin Echols (CB), Jonathan Marshall (DT).
Pertes notables : Sam Darnold (QB/Panthers), Jordan Jenkins (Edge/Texans), Breshad Perriman (WR/Lions)

Le(s) point(s) fort(s)

On aurait d’emblée pu supprimer les (S) de l’intertitre, tant il est difficile de trouver ne serait-ce qu’un seul point fort dans cet effectif. Avec beaucoup de renforts via le marché et la draft et surtout, un entraineur spécialiste de la défense, ce coté du ballon pourrait représenter un semblant de point fort. Une progression est attendue mais il n’y aura pas de miracle dans la ligue la plus compétitive au monde, pas sans edge-rusher ni cornerback dominant. Les Jets comptent sur l’expertise de Robert Saleh pour mettre les joueurs dans les meilleures conditions et sur son charisme pour les sublimer. Pour que la défense monte son niveau d’un cran, les Jets misent aussi sur la progression d’un joueur dans sa troisième année : Quinnen Williams.

C’est le joueur clé en défense. Sa puissance couplée à son agilité lui permet d’être utilisé de diverses manières et Robert Saleh ne va pas s’en priver. Afin d’exploiter toutes ses qualités et aussi de surprendre les attaques adverses, Quinnen Williams (photo) devrait être baladé sur la ligne d’engagement : du poste de nose tackle face au centre à celui de 3-Technique entre le guard et le tackle adverse (tel Aaron Donald). Sa puissance sera utile pour empêcher les lignes offensives d’ouvrir des brèches pour la course et son explosivité lui permettra d’attaquer la poche adverse.

Si l’escouade de cornerbacks peut être rangée dans les points faibles, la ligne arrière pourra cependant s’appuyer sur un trio de safeties talentueux : Lamarcus Joyner et son expérience (8e saison NFL), un Ashtyn Davis prometteur après une saison rookie de bonne facture et surtout, sur l’homme à tout faire derrière, Marcus Maye.

En attaque aussi ce sont les entraineurs qui devront faire la différence. Mike LaFleur (OC) va s’appuyer sur des « Read Pass Option » où le quarterback décide de transmettre le ballon au coureur ou de lancer derrière un défenseur s’étant engagé vers l’avant, battu par la feinte de course. Ses appels seront optimisés par le coaching de John Benton sur la ligne offensive. Lui aussi arrive de San Francisco où le jeu au sol a été très performant ces trois dernières saisons. Il est un adepte du schéma de zone sur la ligne offensive, pour attaquer les défenses sur la largeur (concept de « Wide Zone », voir plus bas). Cette philosophie explique d’ailleurs la sélection au 1e tour 2021 du lineman offensif Elijah Vera-Tucker, en raison de sa capacité en déplacement latéral et de décrochage sur le second rideau. Une autre composante sera sans doute les « trick plays », ces jeux pour surprendre l’adversaire, comme le « jet sweep » : avant l’engagement, un joueur court depuis la gauche puis reçoit le ballon au milieu de sa course et déborde la défense par la droite, avec l’aide de bloqueurs (ou de la droite vers la gauche). Les rapides Elijah Moore et Jamison Crowder peuvent être efficaces dans ce rôle.

Parce qu’en plus d’un jeu classique, proposer des jeux feintés sera important. Les défenses dans cette division sont menées de mains de maitre : Sean McDermott aux Bills, Brian Flores à Miami et bien sur Bill Belichick aux Patriots.

Le(s) point(s) faible(s)

Les points faibles sont nombreux, comme l’absence d’un cornerback de premier plan. Mais avec la draft d’un quarterback, comment ne pas pointer la faible qualité des armes offensives l’entourant ? S’il reste en bonne santé, la seconde saison du prometteur Denzel Mims pourrait aider Zach Wilson. Le formidable Elijah Moore est capable d’apporter à divers endroits du terrain, mais il ne sera qu’un rookie en 2021, avec donc un temps d’adaptation nécessaire. Lors de la free agency, les Jets ont signé un receveur pour être ce fameux « numéro 1 » indispensable à toute attaque. Oui mais Corey Davis a signé seulement 14 touchdowns en 62 matchs professionnels ! Un autre contexte pourrait lui permettre de hausser son niveau. Ou pas.

La signature du coureur Tevin Coleman est intéressante, plus encore dans une équipe récupérant un coordinateur offensif le connaissant bien, puisque Mike LaFleur arrive lui aussi de San Francisco. Le rookie Michael Carter offre un combo course/réception séduisant mais est-ce là un duo digne des meilleurs comités NFL ? Pour sa seconde saison NFL, La’Mical Perine devrait également être plus utilisé. Car pour que les « RPO » (voir plus haut) soient efficaces, il faut que les défenses adverses respectent en premier lieu le jeu au sol. Sinon, ça ne peut pas fonctionner.

Mais en attendant la preuve du contraire, l’escouade de coureurs, comme celle de receveurs, semble loin des meilleures de la ligue. Alors comment optimiser le talent de joueurs moyens ? C’est là qu’entre en jeu, l’expertise des entraineurs.

En 2020 avec les 49ers, Mike LaFleur travaillait sous les ordres de Kyle Shanahan en tant que coordinateur du jeu de passe. Sur 33% des jeux offensifs, l’attaque de San Francisco s’alignait en « 21 Personnel » : soit 2 receveurs, 1 tight-end et 2 coureurs. Cet alignement fut utilisé par les 32 équipes NFL avec la beaucoup plus faible moyenne de 7% des jeux offensifs ! Seuls les Patriots de New England ont davantage utilisé cette formation que les 49ers en 2020.

Certes, Mike LaFleur n’est pas Kyle Shanahan et l’effectif 2021 des Jets est différent de celui des 49ers 2020 : les Jets ne possèdent pas un fullback de la qualité de Kyle Juszczyk. Cependant, peut-on y déceler une composante de l’attaque des Jets en 2021 ? La recrue Tevin Coleman connait bien ce schéma où il se retrouve aligné pour porter le cuir ou parfois comme receveur à l’intérieur du terrain. Lorsqu’il jouait à Atlanta, il était déjà un coureur souvent utilisé pour ses qualités en réceptions (11 TDs aériens entre 2016 et 2018).

Quant au poste de fullback, il devrait être occupé par Trevon Wesco. Tight-end à l’université de West Virginia, il a déjà occupé ce rôle avec les Jets sous le précédent régime. Joueur de 1m90 pour 120 kilos, sa mission première est d’ouvrir la voie pour un joueur courant derrière lui (« Lead Block »). Pour surprendre les défenses, ce joueur doit aussi être capable de feinter un « Lead Block » pour en fait attraper une passe derrière le premier rideau défensif. Son passé de tight-end lui confère une certaine compétence en réception.

« Pour l’instant, Trevon Wesco est notre fullback. Il est costaud et il est grand alors, on peut l’utiliser de plusieurs façons : que ce soit en 21 Personnel ou plus classiquement sur la ligne en 12 Personnel. C’est un challenge pour lui mais pour l’instant, il a fait du bon boulot. », disait Mike LaFleur à USA Today

L’unité de tight-ends ne propose pas plus de garanties. Que ce soit l’athlétique Chris Herndon, le besogneux Tyler Kroft ou le débutant Kenny Yeboah. Ryan Griffin semble être l’espoir de ce groupe. Fort d’une expérience de 8 saisons NFL, il a les capacités pour être une soupape de sécurité pour Zach Wilson. Mais vous le confondrez pas avec George Kittle non plus.

Receveurs, coureurs et tight-ends, hormis une ligne offensive qui devrait être performante, Zach Wilson ne sera pas livré à lui-même mais n’aura pas à sa disposition un entourage de premier plan, loin de là.

Facteur X : Zach Wilson (QB)

Sensation du football universitaire en 2020, Zach Wilson et sa capacité à prolonger le jeu et à lancer y compris dans les situations compliquées, ont séduit le nouveau coaching staff des Jets.

Feinter les défenses pour créer des espaces dans les zones intermédiaires, telle est la façon d’aider un quarterback rookie à effectuer ses lectures. Une attaque « West Coast », comme celle conduite par Mike LaFleur, s’appuie sur des passes courtes la plupart du temps, afin de faire avancer les chaines et d’offrir des lectures « simples » au quarterback. Aussi, d’attirer les défenses adverses sur ce schéma d’attaques courtes, pour parfois les punir avec un jeu long. Zach Wilson semble né pour conduire ce type de système. Le choix lors de la draft est donc cohérent mais bien sur, demande confirmation.

Sélectionner Zach Wilson n’a pas seulement été dicté par son talent mais aussi, parce que beaucoup des concepts offensifs que les Jets veulent utiliser, le quarterback les a déjà expérimentés à l’université de BYU. Avec BYU, Zach Wilson a aussi (et surtout) montré sa capacité à lancer sur l’épaule extérieure du receveur, et cela est une qualité très précieuse pour la NFL. Obligé de toujours considérer l’intérieur du terrain, un cornerback se positionne généralement au niveau de l’épaule intérieure des receveurs écartés : pour éviter d’être battu sur des tracés recoupant vers le milieu et pour pouvoir (éventuellement) faire sortir des limites du terrain son receveur. C’est pourquoi, lorsque l’on évoque la précision d’un quarterback, il ne s’agit pas seulement de lancer en direction de son receveur mais surtout, de lancer le ballon dans une zone où le défenseur aura moins la possibilité d’interférer sur la passe. Donc, en recherchant la main extérieure du receveur.

Zach Wilson a montré toute sa compétence pour lancer sur l’épaule extérieure de ses cibles et cela explique en grande partie sa sélection lors de la draft. Ci-dessous, deux exemples de lancers sur la « back shoulder », extrait tiré d’une vidéo du site Weekly Spiral.

Zach Wilson ne sera qu’un rookie en 2021 et la franchise entamera seulement la saison 1 de la reconstruction. Cela appelle à la prudence.

Sauf que ça se passe à New York !

Alors Wilson va connaitre la pression dès la première semaine. Sa capacité à rester concentrer sur ses performances au sein d’une attaque limitée en talents sera bien le facteur X de la saison 2021 des Jets.

Le joueur à suivre : Mekhi Becton

Beaucoup de candidats dans cette catégorie : du retour d’un potentiel leader défensif avec CJ Mosley au rookie sensationnel Elijah Moore, des espoirs pour la troisième saison de Quinnen Williams au super safety Marcus Maye. Pourtant, en cumulant l’importance du poste au fait qu’un débutant sera en charge de l’attaque et, en ajoutant les belles promesses montrées en 2020, Mekhi Becton sera dès sa seconde saison un joueur à l’impact capital sur la réussite des Jets en 2021.

Grand, puissant, athlétique, il est celui qui peut permettre à Zach Wilson de faire parler sa magie pour improviser et trouver des solutions. Ses qualités seront également un facteur important du succès pour le jeu au sol, pour des Jets dans le derniers tiers des équipes NFL en 2020 dans ce domaine. Agile et imposant, il semble parfait pour évoluer dans ce système en zone où les linemen offensifs doivent être aussi capable de se déplacer de façon latérale.

Calendrier

@Panthers – Patriots – @Broncos – Titans – @Falcons – Bye – @Patriots – Bengals – @Colts – Bills – Dolphins – @Texans – Eagles – @Dolphins – Jaguars – Buccaneers – @Bills

La preview audio du Podcast

En résumé

Reconstruction saison 1. Des progrès sont espérés et envisageables mais, entre un effectif jeune et incomplet en terme de talent et une division compétitive, les Jets risquent de connaitre, encore, une saison compliquée. Le bon plan semble de beaucoup courir, faire tenter 70% de passes courtes à Zach Wilson et le laisser faire son truc de temps en temps. Mettre Zach Wilson en position de ne pas faire perdre l’équipe, doit être le premier objectif. Afin qu’il puisse gagner en confiance tout au long de la saison 2021. Avec une défense qui devrait progresser, cette recette pourrait permettre quelques victoires immédiates et surtout, construire un avenir meilleur. Le vert est bien la couleur de l’espoir non ?

Le pronostic : 6-11, dernière place en AFC Est

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